Plusieurs dizaines de milliers d'Egyptiens, essentiellement des supporters des Frères musulmans ont défilé vendredi soir et samedi matin au Caire pour réclamer le rétablissement dans ses fonctions du président Mohamed Morsi.

Le reportage de Yann Gallic, entre les rassembelements pro et anti Morsi :

Des hommes, des femmes et des enfants brandissent le Coran et le drapeau égyptien.

les frères musulmans appellent au soulèvement en égypte
les frères musulmans appellent au soulèvement en égypte © reuters

L'appel au rassemblement des Frères musulmans faisait craindre de nouvelles violences après la mort de plus de 90 personnes depuis la destitution du chef de l'Etat, le 3 juillet. Peu après minuit, une grande foule composée de militants et de sympathisants de la confrérie, dont Mohamed Morsi est issu, se trouvait toujours dans les rues de la capitale. Plusieurs centaines étaient notamment rassemblés aux abords du ministère de la Défense. Derrière des barbelés, certains invectivaient les forces de l'ordre, postées à quelques dizaines de mètres. Les généraux, qui nient tout coup d'Etat, affirment avoir répondu à l'appel des millions d'Egyptiens qui ont manifesté fin juin pour la démission de leur premier président démocratiquement élu, dont ils dénonçaient la dérive autocratique.

La confrérie, dont plusieurs dirigeants font l'objet d'un mandat d'arrêt pour "incitation à la violence", se dit victime de la même répression que celle qu'elle a subie à l'époque d'Hosni Moubarak, renversé par la rue et l'armée en février 2011.

Leurs adversaires, notamment libéraux, les accusent à l'inverse d'être responsables des violences. L'absence de compassion de certains d'entre eux pour les manifestants qui sont morts traduit l'ampleur des divisions de la société égyptienne. Devant la mosquée de Rabaa Adaouia , dans le nord-est de la capitale égyptienne où les pro-Morsi sont rassemblés jour et nuit depuis plus de deux semaines,la foule a grossi avec l'arrivée de militants acheminés par autocar des provinces, où les Frères musulmans ont leurs bastions.

Selon des responsables égyptiens, Mohamed Morsi est toujours détenu dans les locaux de la Garde républicaine, là même où 53 manifestants islamistes ont été tués par l'armée lundi. Quatre soldats ont également été tués au cours de ces affrontements provoqués, selon l'armée, par des "terroristes". Les Frères musulmans affirment au contraire avoir été attaqués alors qu'ils priaient.

De sources judiciaires, on rapporte que Mohamed Morsi devrait être inculpé dans les prochains jours , sans doute pour corruption ou incitation à la violence.

Egypte : les nouveaux hommes forts
Egypte : les nouveaux hommes forts © Radio France
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