Le président catalan destitué, Carles Puigdemont, replié à Bruxelles pour échapper à des poursuites de Madrid, en appelle à l'unité des indépendantistes, en vue des élections du 21 décembre prochain.

Carles Puigdemont s'exprime sur le plateau de la RTBF, chaine télé belge, le 4 novembre 2017.
Carles Puigdemont s'exprime sur le plateau de la RTBF, chaine télé belge, le 4 novembre 2017. © Radio France / Michelle Seixas

Résolu à rester dans le jeu politique en Catalogne, Carles Puigdemont a lancé son appel à l'union des indépendantistes depuis la Belgique, où il a trouvé refuge depuis le début de la semaine. L'initiative a été reçue avec réticence par les principaux leaders séparatistes, divisés sur la pertinence de constituer un front commun pour ce scrutin convoqué par Madrid qu'ils jugent "illégitime" et auquel tous n'ont pas encore décidé de participer. 

Faire campagne depuis l'étranger

Sous la menace de poursuites pour rébellion, sédition et détournement de fonds publics notamment, Carles Puigdemont et quatre membres de son gouvernement déchu sont toujours visés par un mandat d'arrêt européen émis vendredi par une juge madrilène. Après la destitution entière de l’exécutif catalan le 27 octobre dernier, Puigdemont s'est dit vendredi soir "disposé" à être candidat aux futures élections convoquées par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy.

Il assure pouvoir mener campagne depuis l'étranger et en dépit du mandat d'arrêt dont la justice belge doit se saisir dans les prochains jours. L'éventuelle remise de Carles Puigdemont à l'Espagne pourrait prendre jusqu'à trois mois, soit bien après le 21 décembre, s'il utilise les voies de recours à sa disposition. 

Le moment est venu pour tous les démocrates de s'unir. Pour la Catalogne, pour la liberté des prisonniers politiques et la République 

L'ancien journaliste renvoie dans son tweet vers une pétition en ligne appelant à la constitution d'une "liste unitaire" indépendantiste, qui avait recueilli plus de 50.000 signatures samedi en fin d'après-midi. 

Remobiliser les indépendantistes

Les indépendantistes semblaient se remobiliser depuis l'inculpation et l'incarcération jeudi à Madrid de huit membres du gouvernement démis, dont le vice-président Oriol Junqueras. Ils jugent ces incarcérations "politiques" et disproportionnées, faisant valoir le caractère "pacifique" de leur mobilisation et du référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre. 

A l'approche du 21 décembre dont les indépendantistes espèrent faire un plébiscite contre Madrid, les condamnations de la "répression" de l'Etat espagnol et les appels à la libération des responsables emprisonnés se substituent aux mots d'ordre sécessionnistes. 

Une grande manifestation pro-indépendance est annoncée à Barcelone pour le 11 novembre. 

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