Manifestations devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, à Londres, en soutient à Raif Badawi
Manifestations devant l'ambassade d'Arabie Saoudite, à Londres, en soutient à Raif Badawi © Jenny Matthews/In Pictures/Corbis

"1 000 coups de fouet parce que j'ai osé parler librement", c'est le titre du livre que vient de sortir Raif Badawi, et c'est le parfait résumé de ce qu'il vit depuis son emprisonnement en 2012. Il y jette un regard acéré sur les travers de l'Arabie saoudite.

Soutenu par Amnesty International et Reporters sans frontières, le jeune homme emprisonné depuis 2012 et condamné à 1000 coups de fouet raconte sa vie en prison. Ce livre d'une soixantaine de pages donne surtout à lire ce qui, en Arabie Saoudite, peut conduire un homme en prison.

Julie Pietri a lu ce livre et elle a rencontré la femme du blogueur emprisonné

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1000 coups de fouets pour avoir osé parler librement

Critique de la société saoudienne, de la condition des femmes et de la toute puissance des religieux. Raif Badawi raconte son quotidien dans une cellule de 20 mètres carrés, en compagnie d'une trentaine de prisonniers.

Voici une anecdote. J'entre dans les toilettes communes de la cellule. Et tandis que j'examine avec attention les centaines de graffitis incrits sur les murs poisseux, mon regard tombe sur la phrase : "la laïcité est la solution" . Je souris.

Si l'on peut lire ce témoignage aujourd'hui, c'est en partie grâce à sa femme, Ensaf Haidar, exilée au Canada. Elle continue à transmettre le message de liberté de son mari. Depuis sa cellule, il pointe toujours du doigt les prédicateurs, qui veulent châtier des astronomes (coupables de trahir la perspective religieuse), fustige une société où un buveur d'alcool risque 80 coups de fouets , rapporte les récits de jeunesse de sa grand-mère.

Les femmes exercaient la plupart des professions dans les souks et ailleurs, sans se préoccuper de cette phobie de la mixité que nous avons inventée il y a une trentaine d'années.

En prison, Raïf Badawi a déjà reçu 50 coups de fouets. Une peine suspendue pour raisons de santé.

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