Theresa May a perdu un poids lourd en la personne de son ministre de la Défense, Michael Fallon, qui a démissionné mercredi "pour l'exemple", après des révélations dans la presse d'une liste de 40 parlementaires, dont six ministres, accusés d'abus et de harcèlement sexuel, établie par d'anciennes collaboratrices.

Le ministre de la Défense britannique Michael Fallon a présenté sa démission "pour l'exemple" de ses fonctions au gouvernement. Il maintient en revanche son siège au Parlement.
Le ministre de la Défense britannique Michael Fallon a présenté sa démission "pour l'exemple" de ses fonctions au gouvernement. Il maintient en revanche son siège au Parlement. © AFP / Tolga AKMEN

Quarante personnalités politiques britanniques sont mises en cause depuis le début de la semaine pour des actes d'abus sexuel. Du harcèlement dont les accusent d'anciennes collaboratrices. Des ministres figurent parmi les accusés, dont Michael Fallon, le ministre de la Défense, qui a démissionné "pour l'exemple". 

Ce poids lourd du gouvernement de Theresa May, ministre, en poste depuis juillet 2014, est accusé d'avoir posé sa main sur le genou d'une journaliste au cours d'un dîner lors du congrès du Parti conservateur en 2002, un incident pour lequel il avait présenté des excuses.  

"Un certain nombre d'accusations ont fait surface ces derniers jours au sujet de parlementaires, dont certaines concernant ma conduite dans le passé. Beaucoup de ces allégations sont fausses mais je reconnais que dans le passé je n'ai pas été à la hauteur des hautes normes requises dans les forces armées que j'ai l'honneur de représenter. J'ai réfléchi à ma position et je présente donc ma démission du ministère de la Défense", écrit Michael Fallon dans sa lettre de démission. Il précise qu'il continuera à siéger au Parlement.  

"Je doute vraiment que ce soit à cause de mon genou"

La décision du ministre a été accueillie avec surpris et scepticisme par son accusatrice, la journaliste Julia Hartley-Brewer, qui se demande si "d'autres accusations à venir" ne seraient pas plutôt en cause : "Je doute vraiment que ce soit à cause de mon genou, et si c'est le cas c'est vraiment absurde et fou" a-t-elle écrit sur Twitter. 

Mme May a en revanche salué cette décision. "J'apprécie la manière particulièrement sérieuse avec laquelle vous avez considéré votre position et l'exemple particulier que vous souhaitez donner aux militaires et aux femmes", a-t-elle commenté.  

Réunion sur le harcèlement 

Cette démission intervient au moment où de nombreux hommes politiques britanniques sont visés par des accusations du même type, qui se sont multipliées dans la foulée de l'affaire Weinstein, du nom du producteur américain accusé de viols, agressions sexuelles et harcèlement sexuel.

Les médias britanniques ont rapporté l'existence d'une liste contenant les noms de 40 parlementaires, dont six ministres, accusés d'abus, une liste établie par d'anciennes collaboratrices. 

Theresa May a invité les chefs de partis politiques à discuter de la question du harcèlement sexuel lundi. Elle souhaite que soit mise en place "une procédure de plainte commune, transparente, et indépendante pour tous ceux qui travaillent au parlement".  

Surnom à caractère sexuel et achat de sex-toys

Un autre de ses proches alliés, le vice-Premier ministre Damian Green, est accusé de harcèlement sexuel, des accusations qu'il réfute. Une ancienne militante du Parti conservateur, Kate Maltby, l'accuse d'avoir posé sa main sur son genou lors d'un rendez-vous dans un pub en 2015, et de lui avoir envoyé un SMS "suggestif".  

Le secrétaire d'État chargé du commerce international Mark Garnier a lui reconnu avoir affublé sa secrétaire d'un surnom à caractère sexuel et de lui avoir demandé d'acheter des sex toys.  En outre, une membre du Parti travailliste, Bex Bailey, a déclaré avoir été victime d'un viol par un autre membre du parti, plus âgé et plus expérimenté qu'elle, lors d'un événement organisé par sa famille politique en 2011, alors qu'elle avait 19 ans.  

Samedi, le chef des travaillistes, Jeremy Corbyn avait affirmé qu'une "culture dégradante existe et prospère dans les coulisses du pouvoir (...) une culture qui a toléré les violences faites aux femmes depuis bien trop longtemps".

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.