Kobané
Kobané © Reuters

L'armée américaine dit avoir largué dimanche soir des armes et des munitions aux combattants kurdes assiégés à Kobané par les djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI).

Un porte-parole des forces kurdes engagées dans la bataille de Kobané a confirmé qu'une "grande quantité de munitions et d'armes" avait atteint cette ville du nord de la Syrie, cible depuis le 16 septembre d'une offensive de l'organisation Etat islamique. Dans un communiqué, le Commandement central (CentCom) américain précise que l'US Air Force a largué "des armes, des munitions et du matériel médical fournis par les autorités kurdes irakiennes pour soutenir la résistance" des Kurdes syriens. C'est la première fois que les Etats-Unis, qui ont multiplié ces derniers jours les raids aériens contre les djihadistes, disent avoir fourni une aide militaire aux combattants kurdes, ce que la Turquie exclut en revanche catégoriquement de faire bien que Kobané soit adossée à sa frontière. Le CentCom indique que, "à ce jour", 135 frappes aériennes ont visé les positions djihadistes dans la région de Kobané, théâtre de violents combats ce week-end. Combinée aux efforts des combattants kurdes au sol, cette campagne aérienne a permis de ralentir la progression des djihadistes, dont des centaines sont morts, selon le CentCom.

Représentant des résistants kurdes à Paris, Khaled Issa , interrogé par Claire Chaudière, estime que les largages américains sont une bonne chose, mais que la France devrait également apporter sa contribution.

La France peut jourer un rôle déterminant

Le gouvernement du Kurdistan irakien autonome avait annoncé la semaine dernière avoir fourni une aide militaire "symbolique" à l'intention des combattants kurdes de Kobané. Les Kurdes syriens disaient pourtant n'avoir rien reçu et accusaient la Turquie de bloquer cette livraison.

OBAMA A PRÉVENU ERDOGAN

La Turquie, qui a massé des chars le long de la frontière face à Kobani, se refuse à intervenir en appui aux peshmergas, ce qui provoque la colère de sa propre minorité kurde. Les autorités turques sont méfiantes à l'égard des Unités de protection du peuple kurde (YPG) qui combattent à Kobané en raison de leurs liens étroits avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui a pris les armes en 1984 contre l'Etat turc. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré dimanche aux médias de son pays qu'Ankara n'armerait jamais les YPG via leur branche politique, le Parti de l'union démocratique kurde(PUD), qu'il a qualifié d'"organisation terroriste". Le président américain Barack Obama a prévenu à l'avance Recep Tayyip Erdogan que les Etats-Unis allaient pour leur part livrer des armes aux Kurdes syriens. "Le président Obama a parlé à Erdogan hier et il a pu l'informer de notre intention de faire cela et de l'importance que nous y attachons", a dit un responsable américain. "Nous comprenons l'inquiétude ancrée de longue date chez les Turcs à l'égard de différentes organisations, notamment des organisations kurdes, avec lesquelles ils sont en conflit", a-t-il ajouté. "Cependant, notre conviction très profonde est que les Etats-Unis et la Turquie font face à un ennemi commun avec l'EIIL et qu'il nous faut agir de manière urgente." Selon un autre responsable américain, trois avions-cargos C-130 ont largué 27 colis d'armes et de matériel médical aux Kurdes syriens et la majorité de ces colis ont atteint leur cible. Les avions américains ont ensuite pu quitter sans problème l'espace aérien syrien, a dit ce responsable.

la bataille de kobane
la bataille de kobane © Radio France
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