[scald=32479:sdl_editor_representation]par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Des chars et des véhicules blindés sont entrés samedi dans la ville côtière de Lattaquié, où des tirs ont été entendus pendant une heure et demie au lendemain d'une manifestation contre le président Bachar al Assad, rapporte un groupe syrien de défense des droits de l'homme.

La répression des rassemblements contre le régime baassiste vendredi, jour de la grande prière hebdomadaire, a fait vingt morts dans plusieurs villes du pays mais les contestataires ont promis de ne pas céder et de ne "s'agenouiller que devant Dieu".

Depuis le début des manifestations il y a cinq mois, plus de 1.700 civils ont été tués, selon l'opposition.

L'Observatoire syrien pour les droits de l'homme, dont le siège est en Grande-Bretagne, a annoncé qu'une vingtaine de véhicules de l'armée s'étaient déployés samedi près du quartier de Ramlé à Lattaquié, premier port syrien où 10.000 personnes avaient manifesté la veille.

"Des tirs nourris ont été entendus de 10h30 du matin à midi (de 07h30 GMT à 09h00 GMT)" et de nombreux habitants ont fui le secteur, a précisé le responsable de l'Observatoire, Rami Abdel Rahman.

Des soldats gouvernementaux appuyés par des miliciens pro-Assad, les "Chabbiha", ont également mené des raids dans des villages proches de la ville de Kousaïr, près de la frontière libanaise, où plusieurs arrestations ont eu lieu, a-t-il ajouté.

Onze personnes ont été tuées par les forces de sécurité jeudi dernier à Kousaïr, selon l'opposition.

Le gouvernement de Damas affirme que 500 soldats et policiers ont été tués par des groupes armés depuis le début des troubles en mars. Selon l'agence de presse officielle Sana, trois membres des forces de sécurité ont péri vendredi dans les affrontements.

Depuis le début du ramadan au début du mois, le régime a intensifié la répression du mouvement de protestation et a lancé notamment des offensives contre les villes de Hama (centre) et de Daïr az Zour (est).

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a appelé vendredi les pays qui vendent des armes ou achètent du pétrole à Damas de rompre leurs liens commerciaux avec la Syrie. Liée à la famille au pouvoir, l'industrie pétrolière syrienne génère le gros des devises étrangères du pays.

La veille, Hillary Clinton avait exhorté d'autres pays, en particulier des Etats d'Europe et la Chine, acteurs clés dans le secteur énergétique syrien, à s'associer aux Etats-Unis pour inciter Assad à partir.

Guy Kerivel pour le service français

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