Le magazine américain vient de révéler les élus 2018 : le journaliste saoudien Jamal Khashoggi, deux reporters otages en Birmanie, le Capital Gazette un quotidien victime d'un attentat, et une journaliste philippine. C'est aussi la liberté de la presse que célèbre le magazine.

Jamal Khashoggi et les garants de la liberté de la presse personnalités 2018 de time
Jamal Khashoggi et les garants de la liberté de la presse personnalités 2018 de time © Radio France / Capture d'écran Twitter

En cette période troublée où la liberté de la presse est mise en cause partout dans le monde y compris dans les pays développés, le magazine Time a frappé fort. 

Il n'a pas eu besoin d'élire comme personnalités de l'année des journalistes du New York Times, du Washington Post ou de CNN particulièrement malmenés par Donald Trump depuis qu'il est président, mais il a réussi à faire passer un message : la liberté de la presse est en danger. La preuve avec ce groupe de journalistes venant d'univers et de pays différents mais qui, tous, mènent un même combat. 

L'année dernière, Time avait élu "les briseurs de silence" personnalités de l'année, à savoir celles et ceux qui avaient témoigné sur des agressions et du harcèlement sexuels, au tout début du mouvement #MeToo. 

Et c'est une première : jamais un journaliste n'avait été élu personnalité de l'année par Time

Jamal Khashoggi

Le journaliste saoudien écrivant dans le Washington Post, opposant au régime de Riyad, a été assassiné au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul en Turquie dans des conditions sordides. Le prince héritier saoudien MBS est soupçonné d'avoir commandité le meurtre. La Turquie le désigne. mais à ce jour, aucune poursuite n'a été engagée contre lui. 

Pour Time c'est aussi une première : jamais une personne décédée n'avait été retenue comme personnalité la plus marquante de l'année écoulée.

The Capital gazette

En juin 2018, les bureaux de ce quotidien américain d'Annapolis (Maryland) ont été la cible d'une fusillade. Un homme armé a tué cinq employés du journal et blessé deux autres. Le tueur est en attente d'un procès. 

Wa Lone et Kyaw Soe Oo,  journalistes birmans

Wa Lone et Kyaw Soe Oo sont deux reporters de l'agence Reuters. Ils ont été condamnés à sept ans de prison pour _"atteinte au secret d'Etat",_ pour avoir enquêté sur un massacre de musulmans rohingyas par l’armée en Birmanie.

LIRE | ► L'histoire de Wa Lone et Kyaw Soe Oo sur le site de reporters sans frontières (en français)

Maria Ressa, journaliste philippine 

Maria Ressa, 55 ans, a travaillé pendant plus de 20 ans pour CNN, notamment comme chef des bureaux de Manille puis de Jakarta. Journaliste d'investigation hors pair, elle a surtout enquêté sur les réseaux terroristes.  Elle a également travaillé pour le Wall Street Journal. Elle a écrit deux livres sur le terrorisme. 

Elle est menacée de prison et le site d'information qu'elle a cofondé pourrait fermer. Son site, Rappler, a adopté une ligne critique contre la guerre antidrogue meurtrière menée par le président Rodrigo Duterte, dans laquelle des milliers de personnes ont été tuées. En conséquence, le média est la cible d'une campagne de répression soutenue de la part des autorités. Maria Ressa est poursuivie pour une série de fraudes fiscales supposées. Il y a quelques jours, elle s'est présentée devant le tribunal pour répondre de l'un de ces chefs et a été libérée sous caution.

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