Le "Vladivostok", commandé par la Russie aux chantiers navals français
Le "Vladivostok", commandé par la Russie aux chantiers navals français © Radio France / Olivier Bénis

Ils sont 400 à arriver aujourd'hui en Loire-Atlantique pour se former à la manœuvre de deux navires de guerre construits sur les chantiers navals. Une arrivée qui fâche la France avec les États-Unis, et qui a entraîné une manifestation de protestation.

Une cinquantaine de personnes ont déjà manifesté dimanche pour protester contre cette vente à la Russie, c'était le troisième rassemblement en un mois. Car les deux "Mistral" sont bien des navires de guerre, deux porte-hélicoptères commandés par le gouvernement russe avant le début de la crise ukrainienne. Depuis, le rôle de la Russie dans ce secteur en guerre civile, et le rattachement de la Crimée, ont changé la donne.

"Les gens ne comprennent pas qu'il s'agit de navires d'invasion", explique Bernard Grua, entrepreneur à l'origine de la manifestation. "Ce qui me déplaît, ce n'est pas de les livrer à la Russie, mais de les livrer à la Russie de Poutine : cet homme est un danger pour la paix dans le monde."

Du coup, la vente et la formation de 400 marins russes sur place est entourée d'un grand mystère. Ils doivent se former à la manoeuvre des deux porte-hélicoptères. Le Smolniy, le bateau-école où ils seront hébergés jusqu'à l'automne, est arrivé tôt ce matin au port maritime de Nantes/Saint-Nazaire.

Notre reporter Anne Patinec était présente au moment de leur arrivée

Leur formation à Saint-Nazaire se fera dans une ambiance bien particulière, Marc Crépin...

Prévue initialement le 1er juin, puis reportée à plusieurs reprises, l'arrivée des marins russes se concrétise finalement. A la fois navire-amphibie, poste de commandement et hôpital embarqué, le Vladivostok - construit pour moitié à Saint-Nazaire et à Saint-Peterbourg - pourra transporter l'an prochain jusqu'à seize hélicoptères et déployer à terre 450 soldats et des "forces mécanisées", selon les documents officiels de STX.

► ► ► REPORTAGE | En mars, nous avions visité le chantier du Vladivostok

Un deuxième Bâtiment de projection et de commandement (BPC), baptisé Sebastopol du nom de la ville de Crimée où la Marine russe stationne sa flotte, doit être livré fin 2015 à la Russie. La commande comprenait également une option pour deux autres navires du même type, mais celle-ci n'a pas été levée à ce jour par les Russes.La commande suscite toujours l'inquiétude de pays comme la Géorgie ou les Etats-Unis, particulièrement à la lumière des violences en Ukraine et de l'annexion de la Crimée par la Russie. Les autorités françaises ont affirmé à plusieurs reprises que le contrat serait honoré.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.