VIDÉO | Un ministre de l'Autorité palestinienne est décédé mercredi peu de temps après une altercation avec des gardes-frontières israéliens. Un soldat l'a attrapé par le cou. Ziad Abou Ein avait 55 ans.

Ziad Abou Ein était un ministre sans portefeuille dans le gouvernement du président palestinien Mahmoud Abbas. Il participait à une manifestation contre des implantations israéliennes lorsqu'il s'est trouvé mêlé à des échauffourées impliquant une trentaine de militaires israéliens et des gardes-frontières. Un garde-frontière l'a attrapé par le cou et l'a brièvement tenu d'une main. Quelques minutes après, le ministre s'est effondré en se tenant la poitrine. Il est décédé lors de son transport vers la ville voisine de Ramallah.

Les explications de Sébastien Laugénie, l'envoyé spécial permanent de Radio France à Jérusalem

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Dans quelles circonstances est mort le ministre palestinien ?

On ignore les causes exactes de sa mort. Les résultats de l'autopsie menée par des experts palestiniens, israéliens et jordaniens devraient être connus dans la soirée. Mahmoud Abbas a dénoncé un "acte barbare qui ne peut être ni toléré, ni accepté". Il a décrété trois jours de deuil national et a promis de prendre "les mesures nécessaires" au terme d'une enquête.

Pour se prononcer sur les causes de la mort d'un homme Israéliens et Palestiniens ne sont pas d'accord : pour les Palestiniens, son décès a été provoqué par l'attitude des forces de sécurité israéliennes alors que pour les Israéliens, c'est tout simplement son coeur qui a lâché.

Sebastien Laugénie a assisté aux obsèques de l'ancien ministre

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Les obsèques Ziad Abou Ein

Israël est désolé

Mort d'un ministre palestinien après une échauffourrée avec des militaires israéliens
Mort d'un ministre palestinien après une échauffourrée avec des militaires israéliens © Radio France

"Nous sommes désolés de ce décès", a déclaré dans un communiqué le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. Il a précisé qu'une enquête était en cours. Il précise : "Il est important pour les deux parties de maintenir la sécurité et la stabilité et nous continuerons à coopérer avec l'Autorité palestinienne".

Dans un communiqué, la France a condamné les violences qui ont conduit à la mort du ministre palestinien "au cours d'une manifestation pacifique". "Nous appelons les autorités israéliennes à faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame", ajoute le ministère des Affaires étrangères. "Dans le contexte actuel de très vives tensions en Cisjordanie et à Jérusalem, la France appelle toutes les parties à l'apaisement et à la responsabilité."

Ce décès intervient dans un contexte de regain des violences entre Palestiniens et Israéliens depuis plusieurs semaines notamment autour de l'Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l'islam, à Jérusalem-Est. Ziad Abou Ein avait été condamné pour le meurtre de deux jeunes Israéliens dans un attentat à la bombe en 1979 puis libéré dans le cadre d'un échange de prisonniers en 1985.

Mercredi, avec une centaine de militants étrangers et palestiniens du Comité de résistance à la colonisation, une organisation gouvernementale palestinienne qu'il dirigeait, il participait à une marche pour aller planter des arbres près d'une colonie de peuplement lorsque le cortège a été arrêté à un point de contrôlé improvisé, ont rapporté des témoins. Peu avant de succomber, Ziad Abou Ein a parlé à des journalistes de télévision pour dénoncer, d'une voix haletante, "le terrorisme de l'occupation" visant le peuple palestinien :

Nous sommes venus planter des arbres en terre palestinienne et ils nous attaquent immédiatement. Personne n'a jeté la moindre pierre.

Les commerçants de Ramallah ont fermé leurs boutiques en signe de protestation et des jeunes ont lancé des pierres en direction des forces de sécurité israéliennes protégeant une colonie en périphérie de la ville, ont dit des sources des services de sécurité palestiniens. Des heurts se sont produits dans un camp de réfugiés près de Ramallah et un soldat israélien a grièvement blessé par balle un jeune Palestinien, a-t-on appris de source médicale palestinienne.

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