[scald=64925:sdl_editor_representation]par Renee Maltezou et Ben Harding

ATHENES (Reuters) - Des milliers de personnes sont attendues ce jeudi dans les rues d'Athènes pour mettre en garde Lucas Papadémos, dont le gouvernement a obtenu la confiance du parlement mercredi, contre l'instauration de nouvelles mesures d'austérité réclamées par l'Union européenne.

L'ampleur du rassemblement, le premier depuis presque un mois, fera figure de test pour la toute nouvelle équipe gouvernementale grecque et devrait donner le pouls de l'opinion publique et de l'éventuel bras de fer social à venir entre le pouvoir et la rue.

"La plupart des gens ne s'attendent à aucune solution mais certains placent leurs espoirs trop haut. Au fond, tout le monde a conscience qu'un changement de politique n'est pas possible et que les mesures pourraient être bien pire", indique Mary Bossis, professeur à l'université du Pirée.

Les sondages montrent que près de trois quarts des Grecs soutiennent Papadémos, ancien vice-président de la Banque centrale européenne, mais le nouveau programme d'austérité a du mal à passer auprès de la population.

La coalition de crise réunit le parti socialiste de l'ancien Premier ministre George Papandréou (Pasok), la Nouvelle Démocratie d'Antonis Samaras (ND, conservateurs) et le parti LAOS d'extrême-droite.

Après avoir remporté sans surprise la confiance du parlement mercredi, le chef du gouvernement va avoir la lourde tache de maintenir la cohésion de la coalition et resserrer les rangs de la majorité derrière les réformes impopulaires alors que des dissensions ont fait leur apparition.

Antonis Samaras a ainsi de nouveau exclu mercredi de s'engager par écrit à respecter les modalités du dernier plan de sauvetage de la Grèce comme le réclamer la Commission européenne.

MISE EN GARDE

Athènes tente de s'assurer le versement de la dernière tranche de huit milliards d'euros du premier plan d'aide de 110 milliards et de rétablir la confiance des inspecteurs de la troïka (Fonds monétaire international, l'UE et la Banque centrale européenne) afin de bénéficier d'un deuxième plan de sauvetage de 130 milliards d'euros ayant fait l'objet d'un accord à Bruxelles fin octobre.

Le gouvernement va soumettre au parlement vendredi le projet de budget 2012 du pays, incluant des hausses des impôts et des coupes budgétaires censées répondre aux exigences de l'Union européenne et du FMI.

Le défilé de jeudi, qui marque l'anniversaire de la répression sanglante du soulèvement étudiant de 1973 par le régime des colonels qui était renversé l'année suivante, devrait agir comme une mise en garde pour les députés : après quatre ans de récession, de hausse des impôts et de baisse des salaires, les Grecs ne sont pas prêts à accepter une nouvelle cure d'austérité.

"Ce gouvernement sera meilleur que le précédent tant qu'il prendra des mesures justes : en réprimant l'évasion fiscale et en ciblant les riches. Mais je crains qu'à la place ils ne réduisent ma pension", dit Dionysis Samaros, 70 ans, qui vit avec sa famille sur ses 720 euros mensuels. "Comment allons-nous joindre les deux bouts?"

Les manifestations du 17 novembre ont souvent été par le passé émaillées de violences entre manifestants encagoulés et policiers. Quelque 7.000 policiers seront déployés jeudi à Athènes.

Au moins 70 personnes ont été blessées dans les violences qui ont éclaté en marge de la dernière grande manifestation contre l'austérité qui a rassemblé plus de 100.000 personnes fin octobre.

Pour Ilias Iliopoulos, secrétaire général du grand syndicat du secteur public Adedy, la manifestation est une première étape.

"Même s'ils ne prennent pas de nouvelles mesures, la mise en place du dernier plan d'austérité va mettre la Grecs à genoux", estime-t-il.

Marine Pennetier pour le service français

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