[scald=96089:sdl_editor_representation]par Nastassia Astrasheuskaya

MOSCOU (Reuters) - Des milliers de partisans de Vladimir Poutine ont défilé jeudi à Moscou à dix jours de l'élection présidentielle russe, que l'actuel Premier ministre pourrait remporter dès le premier tour selon les derniers sondages.

Emmitouflés dans d'épais manteaux, les pro-Poutine ont bravé le froid et profité de la "Journée des défenseurs de la patrie", jour férié en Russie, pour afficher leur soutien à Vladimir Poutine, confronté depuis les élections législatives du 4 décembre à un mouvement de contestation inédit.

Marchant le long de la Moskova, les manifestants ont exhibé une longue bannière bleue, où l'on pouvait lire "Notre vote sera pour Poutine".

Selon les organisateurs, des dizaines de milliers de personnes ont pris part à la marche de soutien, qui s'est terminée par un discours du Premier ministre au stade Loujniki.

"Je suis pour Poutine. C'est un membre du FSB (les services secrets russes), comme mon père, c'est pour ça que je l'aime bien", dit Rostislav Galeiev, âgé de 20 ans.

Un important dispositif policier a été déployé dans la capitale russe en raison de craintes d'échauffourées avec des communistes et des nationalistes, qui ont annoncé leur intention de manifester eux aussi à Moscou.

D'autres manifestations de l'opposition sont prévues dans d'autres villes du pays jeudi, ainsi que dimanche à Moscou.

Les organisateurs de la campagne de Poutine, qui le présentent comme un homme d'Etat à poigne garant de la stabilité du pays, ne sont pas parvenus à faire taire les rumeurs disant que les participants aux manifestations sont payés.

FAVORI DES SONDAGES

"Je suis venu ici avec des amis. Ils m'ont dit qu'on toucherait 2.000 roubles (50 euros) (pour participer à la manifestation)", dit un homme de 21 ans, qui a été acheminé par bus au point de départ de la manifestation.

"Si je devais choisir, je voterais pour Jirinovski, mais de toute façon notre vote ne sert à rien", a-t-il ajouté.

Le Premier ministre russe, chef de l'Etat de 2000 à 2008, est archifavori pour succéder à Dmitri Medvedev et se réinstaller au Kremlin pour un mandat de six ans à la faveur de l'élection présidentielle du 4 mars.

Les dernières études d'opinion montrent qu'il pourrait obtenir plus de 50% des voix dès le premier tour, distançant le communiste Guennadi Ziouganov, le nationaliste Vladimir Jirinovski, le milliardaire de la finance Mikhaïl Prohorov et l'ancien président de la Chambre haute du Parlement russe Sergueï Mironov.

Ses opposants redoutent que Vladimir Poutine, 59 ans, ne passe douze années supplémentaires au Kremlin. Le mandat présidentiel est désormais de six ans en Russie et un président ne peut effectuer que deux mandats consécutifs.

Pour la première fois depuis le début de la vague de contestation en décembre, le président Medvedev a reçu lundi des représentants de l'opposition. Vladimir Poutine a également annoncé son intention de rencontrer des représentants de l'opposition, même s'il a jusqu'à présent ignoré, voire tourné en dérision leurs demandes.

Benjamin Massot pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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