Alors que les travaux de décontamination autour de la centrale nucléaire de Fukushima ont pris beaucoup de retard, des entreprises privées, payées par les autorités, n'hésitent pas à recruter des SDF pour assurer ce travail.

Quelque 2.000 km2 : c'est la surface hautement contaminée à nettoyer autour de la centrale ravagée de Fukushima, une tâche pharaonique pour laquelle l'Etat japonais fait traviller environ 10.000 hommes pour les 2.000 km2 de terrain dont la décontamination est gérée par l'Etat,

Près de trois ans après la catastrophe de Fukushima (le 11 mars 2011), la décontamination a pris du retard, le ministère le reconnait. C'est peut-être du à la nature du travail. Sûrement le boulot le plus ingrat du Japon, pour lequel les volontaires ne se battent pas.

C'est peut être pour cette raison que des intermédiaires ont pensé faire appel à des personnes endettées et maintenant aussi des SDF. Un reportage de l'agence Reuters, montre des sans-abris recrutés par des entreprises de nettoyage, financées par les autorités.

"Nous sommes une cible facile pour les recruteurs. Nous sommes tous réunis ici avec nos sacs dans cette gare et nous sommes faciles à localiser. Ils n’ont qu’à nous dire : "vous cherchez du travail ? Est-ce que vous avez faim", raconte Shizuya Nishiyama, un SDF, rencontré à Sendai, situé à 60 km de Fukushima, dans le nord-est du Japon.

Les sans abris sont chargés des travaux les plus dangereux : vider des maisons abandonnées proches de la centrale, déplacer la terre, couper l'herbe, balayer autour des sites.

Pour ce travail, ils ne touchent que le salaire minimum, parfois moins.

A Tokyo, Frédéric Charles

L’emploi de ces "ouvriers du nucléaire" fait l’objet d’un florissant business

Alors que les autorités ont signé des contrats avec plusieurs centaines d’entreprises pour s’occuper de cette décontamination, la mafia japonaise s’est immiscée dans le marché.

Tepco a bien tenté de faire signer un document aux sous-traitants, mais les yakuza se servent de prête nom.

Les contrats du ministère de l’Environnement dans la zone la plus radioactive de la préfecture de Fukushima sont particulièrement lucratifs car le gouvernement paye 100 dollars de plus par journée pour chaque travailleur en raison des risques.

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