Au moins 45 personnes sont mortes dans des combats depuis le mois de juillet en Centrafrique. De son côté, le Cameroun a accueilli près de 7 000 réfugiés.

Un camp pour les personnes déplacées à Kaga Bandoro en Centrafrique.
Un camp pour les personnes déplacées à Kaga Bandoro en Centrafrique. © AFP / EDOUARD DROPSY / AFP

"Les signes avant-coureurs de génocide sont là", pour le secrétaire général adjoint de l'ONU pour les Affaires humanitaires, Stephen O'Brien. Depuis début juillet, on compte en Centrafrique : 45 tués dans des combats entre groupes armés, 7 000 réfugiés au Cameroun. Au total, plus de 450 000 personnes soit 10 % de la population, ont fui à l'étranger que ce soit au Tchad, au Cameroun, en République Démocratique du Congo (RDC) et au Congo.

Quels groupes s'opposent ?

Le pays a toujours du mal à se remettre du même conflit démarré en 2013 avec le renversement du président Bozizé par l'ex-Séléka. Ces factions affirment défendre la minorité musulmane face aux anti-Balaka majoritairement pro-chrétiens. Les combats sont aujourd'hui plus localisés sur des zones de ressources précieuses comme l'or ou les diamants, ou sur des positions stratégiques et d'influence.

Ces combats, ont d'autres conséquences. L'ONG Médecins sans frontières explique que des résidences d'organisations humanitaires ont été pillées à Batangafo suite à des violences. À Gambo, au moins six humanitaires de la Croix-Rouge centrafricaine et "plusieurs dizaines de personnes" ont été tués au centre de santé, selon le directeur de la Croix-Rouge centrafricaine Antoine Mbao Bogo. Stephen O'Brien s'est lui rendu à Bangassou. Lors d'une visite dans une église, le responsable britannique s'est dit "horrifié". 2 000 musulmans se sont réfugiés dans la paroisse il y a maintenant trois mois et ils sont toujours encerclés par des chrétiens qui menacent de les tuer.

Plus de casques bleus

Il est urgent d'envoyer plus de militaires et de policiers de la Minusca, la mission de paix conduite par l'ONU en Centrafrique, pour le responsable onusien. Car "une rechute dans une crise humanitaire de grande ampleur est imminente" précise Stephen O'Brien. Surtout c'est la mission même des 12 500 hommes de la Minusca, soit la protection des civils, qui est en jeu.

Reste à savoir comment. Les Nations unies ont reçu seulement 24% des 497 millions de dollars réclamés lors d'un appel à l'aide humanitaire cette année pour la Centrafrique. Surtout la situation là-bas est "dangereuse" estimait Jean-Pierre Lacroix, le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU en visite à Bangui le 30 juillet, malgré l'intervention de la France entre 2013 et 2016. Neuf Casques bleus ont d'ailleurs été tués depuis mai à la frontière avec la République démocratique du Congo. Mais pour le Français Jean-Pierre Lacroix, si rien n'est fait, "les gains qui ont été obtenus ces dernières années risquent d'être mis en question".

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