[scald=205261:sdl_editor_representation]par Richard Valdmanis et David Lewis

MARKALA, Mali (Reuters) - Un contingent de 160 soldats burkinabés membres de la Misma, la force ouest-africaine au Mali, a été le premier jeudi à rejoindre les forces françaises et maliennes dans la ville de Markala, à environ 240 km au nord-est de la capitale malienne Bamako, pour faire face aux insurgés islamistes qui contrôlent depuis le printemps dernier le nord du pays.

Face à la mobilisation internationale et aux opérations de l'armée française menées depuis le 11 janvier, l'alliance des groupes rebelles semble se fissurer.

Une scission s'est produite au sein d'Ansar Dine, l'un des trois principaux mouvements islamistes engagés dans les combats avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique occidentale).

Les chefs de cette dissidence, rejetant l'alliance avec Aqmi et tout "groupe terroriste", se sont dits prêts à négocier un cessez-le-feu et un statut d'autonomie pour le nord du Mali.

Cette faction dissidente, dont les effectifs ne sont pas connus, a pris le nom de Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), le terme que les Touaregs utilisent pour désigner le Nord-Mali, leur "zone de transhumance".

"Il doit y avoir un cessez-le-feu afin que des négociations puissent s'ouvrir", a dit à Reuters Alghabass Ag Intallah, l'un des chefs dissidents à Kidal, dans le nord-est du Mali.

Les contingents de la Mission internationale de soutien au Mali (Misma), la force de la Cédéao engagée sous mandat de l'Onu, regroupent déjà dans les bases arrière du Mali ainsi qu'au Niger voisin près de 1.600 soldats, parmi lesquels des Nigériens, des Nigérians, des Togolais et des Béninois.

Le Tchad, qui n'est pas membre de la Cédéao, a parallèlement envoyé 500 soldats à Niamey, la capitale nigérienne. A terme, les troupes africaines devraient compter plus de 5.000 hommes.

La France, pour sa part, a déployé 2.300 hommes dans son ancienne colonie d'Afrique de l'Ouest.

LA FRANCE VA PROTÉGER DES SITES INDUSTRIELS AU NIGER

Forces françaises et maliennes ont progressé vers le nord et repris le contrôle de plusieurs villes comme Diabali, Douentza et Konna. Les combattants islamistes ont fait retraite vers leurs bastions plus au nord, Tombouctou, Gao ou Kidal, ou se sont fondus dans la population. Leurs effectifs sont estimés à environ 3.000 hommes.

Au fil de cette progression, des groupes de défense des droits de l'homme, comme la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), ont accusé l'armée gouvernementale malienne d'exécutions sommaires.

Le ministre français de la Défense, Jean-Yves le Drian, n'a pas exclu mercredi que l'armée de Bamako ait commis des exactions.

L'armée malienne a assuré respecter les lois de la guerre et le gouvernement de Bamako a appelé ses militaires à respecter les droits de l'homme.

Dans ce contexte de fortes tensions, et après la prise d'otages la semaine dernière sur le site gazier de Tiguentourine à In Amenas, dans le Sahara algérien, qui a coûté la vie à au moins 37 expatriés, Paris a décidé d'envoyer des forces spéciales protéger les principaux sites d'exploitation d'uranium de l'entreprise Areva au Niger, à Imouraren et Arlit, où cinq des sept actuels otages français du Sahel ont été capturés en septembre 2010.

Le président russe Vladimir Poutine a estimé que les conflits en Syrie et en Libye étaient à l'origine de l'instabilité au Proche-Orient et en Afrique, et notamment de la récente prise d'otages d'In Amenas.

Selon le président russe, les Etats-Unis et leurs alliés au sein de l'Otan ont sacrifié la stabilité à leurs propres ambitions politiques au Proche-Orient et en Afrique du Nord, faisant souvent le jeu des islamistes radicaux.

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Mohammed Abdoulaziz, en marge d'un sommet de l'Union africaine jeudi à Addis-Abeba, a préconisé le déploiement de casques bleus de l'Onu au Mali une fois terminée l'offensive en cours contre les insurgés islamistes.

Guy Kerivel pour le service français

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