Forces de la Fomac déployées autour de l'aéroport (photo d'illustration).
Forces de la Fomac déployées autour de l'aéroport (photo d'illustration). © MaxPPP / MaxPPP

Des soldats tchadiens et burundais de la Mission africaine en Centrafrique se sont affrontés lundi à Bangui, un incident grave qui suscite de nouvelles interrogations sur la capacité de la force africaine à rétablir la sécurité dans la capitale.

Des échanges de tirs sont intervenus lundi après-midi à Bangui entre soldats tchadiens et burundais de la force africaine déployée en Centrafrique, un incident grave qui suscite de nouvelles interrogations sur la capacité de la force africaine à rétablir la sécurité dans la capitale, où les habitants se préparaient mardi à un réveillon de Noël sous couvre-feu.

Il est très compliqué de coordonner des troupes avec des chefs qui sont en rivalité entre eux

> Ecoutez les explications d’Antoine Glaser, journaliste, spécialiste de l'Afrique, au micro de Thomas Schonheere :

Trois Tchadiens blessés

Selon le lieutenant-colonel Pontien Hakizimana, les Tchadiens auraient lancé une grenade en direction des Burundais alors que ceux-ci venaient d'intercepter six ex-rebelles Séléka dans le nord de la capitale centrafricaine. Le responsable militaire a indiqué que la grenade avait explosé sans faire de dégâts et assuré que le contingent burundais avait "fait preuve de retenue " mais que des soldats à l'avant-garde avaient tout de même essuyé des coups de feu et répliqué, blessant trois Tchadiens.

Les soldats du contingent burundais sont très disciplinés et aguerris et n'ont aucune responsabilité dans les incidents d'hier

"Les soldats tchadiens sont repartis avec les six ex-Sélékas, en tirant dans tous les sens ", puis ils "sont revenus en force dans l'après-midi et ont attaqué nos positions, mais nous les avons repoussés sans aucun problème ", a poursuivi le lieutenant-colonel, affirmant que "les soldats du contingent burundais sont très disciplinés et aguerris et n'ont aucune responsabilité dans les incidents d'hier ".

Des tensions préexistantes

"Nous n'avons aucun contentieux avec aucune partie de la population centrafricaine, nous ", a ajouté le responsable, espérant qu'un tel incident ne se reproduirait pas. Cependant, selon une source militaire interrogée à Bujumbura, "des tensions existaient déjà avec les Tchadiens, qui n'ont pas bien accueilli le fait d'être redéployés à l'intérieur de la Centrafrique et remplacés notamment par des soldats burundais dans la sécurisation de Bangui" .

Un autre incident lundi

La défiance de la population de Bangui, très majoritairement chrétienne, à l'égard des soldats tchadiens de la Misca, accusés de complicité avec les ex-rebelles Séléka, majoritairement musulmans, est croissante. Le ressentiment a encore été alimenté lundi par un autre incident, quand une patrouille de soldats tchadiens a brièvement ouvert le feu sur quelques milliers de manifestants rassemblés devant l'aéroport, faisant un mort.

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