Des partisans de Daesh
Des partisans de Daesh © Arte/PAC Presse

NDLR : Ce dimanche 15 novembre 2015, compte tenu des graves menaces et des insultes proférées à l'encontre de la journaliste à l'origine de cet article, nous avons décidé, dans le contexte des événements tragiques de ce week-end, d'en modifier le titre et le sous-titre, dans le souci premier de protéger notre consoeur.Le contenu de cet article publié, initialement le 14 septembre sous le titre "Réfugiés : le fantasme de l'infiltration terroriste", est resté inchangé.

L'argument est répété à longueur d'interviews par des personnalités comme Marine Le Pen ou Christian Estrosi : des terroristes se cacheraient parmi les migrants. Au ministère de l'Intérieur on semble ne pas y croire.

On le voit depuis deux semaines, l'accueil des réfugiés syriens et irakiens n'est pas sans créer une certaine crispation dans une partie de la population. Avec pour leitmotiv le fameux risque d'une infiltration terroriste parmi les réfugiés. Le maire de Nice, par exemple, affirmait en août que "parmi les migrants nous avons des terroristes de Daesh qui s'infiltrent".

La menace est-elle réelle ? Au ministère de l'Intérieur, on la balaie d'un revers de la main. Cette infiltration est un fantasme, un chiffon rouge agité par l'extrême-droite pour faire peur aux Français. Place Beauvau, on assure que les migrants qu'on laisse entrer en France sont ceux qui veulent y demander l'asile. Or quand on fait une demande d'asile, on laisse nécessairement ses empreintes , on se fait photographier, et les services de l'OFPRA (l'office de protection des réfugiés) consultent les fichiers de police français et internationaux.

Trop risqué, trop lent, peu efficace

Si une personne est recherchée, ou signalée par exemple pour radicalisme, c'est non : elle n'obtiendra pas le statut de réfugié et pourra même être expulsée.

D'autre part, tout peut aussi se résumer en une question : quel avantage aurait l'organisation de l'État islamique à infiltrer l'un des siens parmi les migrants ? Les risques sont nettement supérieurs aux avantages. Le voyage vers l'Europe dure au minimum plusieurs semaines, il y a également un risque de périr en mer... Bref ce n'est pas le moyen le plus efficace pour parvenir à ses fins, quand d'autres filières existent.

La menace serait donc marginale, surtout si on la compare à la menace domestique. C'est celle qui est la plus préocupante. Le ministre rappelle ainsi Beauvau que Mohammed Merah, Mehdi Nemmouche et les frères Kouachi étaient bel et bien français, et que Sid Ahmed Glam vivait en France depuis des années.

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