Les manifestants ont encerclé le siège de l'exécutif
Les manifestants ont encerclé le siège de l'exécutif © Reuters / Tyrone Siu

Tôt lundi matin, plusieurs milliers de manifestants ont encerclé le siège de l'exécutif de Hong Kong, le contraignant à fermer ses portes temporairement. Mobilisés depuis deux mois, ils continuent à réclamer des réformes démocratiques.

L'opération a une nouvelle fois entraîné des heurts avec la police devant le bâtiment officiel. Les protestataires ont cette fois investi le quartier d'Admiralty, où se trouve le siège qu'ils ont entrepris d'encercler en ignorant les mises en garde de la police.

Plusieurs dizaines d'entre eux, munis de boucliers en bois, ont chargé les policiers qui leur demandaient de battre en retraite. La police, accusée jusque-là de recours excessif à la force, a riposté à coups de matraques et de gaz à poivre. Les manifestants ont de leur côté lancé des bouteilles, des casques et des parapluies, devenus au fil des manifestations le symbole du mouvement démocratique.

Plusieurs centaines de policiers anti-émeute ont finalement réussi à repousser les protestataires, arrêtant une quarantaine d'entre eux, après des affrontements particulièrement violents, sans doute les plus sérieux depuis le début du mouvement le 28 septembre.

Le récit de notre correspondant à Pékin, Philippe Reltien

Menaces de l'exécutif

Le chef du gouvernement, Leung Chun-ying, accusé par les manifestants d'être la voix de la Chine dans le pays, a de nouveau dit son opposition au mouvement, et sa volonté de le voir s'achever au plus vite. Il assure même à la presse que de nouvelles opérations policières pourraient avoir lieu rapidement.

J'ai déjà souligné que le mouvement prodémocratie Occupy Central était non seulement illégal mais aussi voué à l'échec.

Les manifestants, mobilisés depuis plus de deux mois, réclament la tenue d'une élection authentiquement libre et ouverte en 2017 pour choisir le prochain chef de l'exécutif, et ne veulent pas choisir parmi des candidats présélectionnés par Pékin.

Tension diplomatique autour du mouvement

Un mouvement qui a franchi les barrières de la censure chinoise pour devenir visible, semaine après semaine, sur Internet. La Grande-Bretagne, qui a rétrocédé son ancienne colonie à la Chine il y a 30 ans, s'en alarme particulièrement, ce qui a le don d'agacer Pékin.

Une mission de parlementaires britanniques s'est ainsi vu refuser dimanche l'accès au territoire de la région administrative spéciale rattachée à la Chine, selon le chef de la délégation. "J'ai été informé par l'ambassade de Chine que si nous tentions de nous rendre à Hong Kong, nous nous verrions refuser le droit d'entrée", explique Richard Ottaway, président de la commission des Affaires étrangères, dans un communiqué.

Nous sommes une commission des membres élus du Parlement d'une nation démocratique qui souhaite examiner les relations diplomatiques britanniques avec Hong Kong. Le gouvernement chinois agit d'une manière ouvertement antagoniste en nous refusant l'accès afin que nous puissions faire notre travail.

La commission entendait évaluer les relations entre la Grande-Bretagne et Hong Kong. Ottaway souhaite justement qu'un débat sur la question des manifestations soit organisé d'urgence au sein du Parlement britannique. La Chine refuse l'enquête parlementaire britannique, estimant qu'aucune autorité étrangère ne peut s'immiscer dans les affaires internes du pays.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.