L'armée française a perdu deux soldats au Mali dans une attaque terroriste. Samedi, un véhicule de la force Barkhane a sauté sur un engin explosif improvisé au nord de Ménaka, dans la zone dite des "Trois frontières". En moins d'une semaine, cinq militaires français sont morts en mission.

Patrouille de soldats de Barkhane au Mali
Patrouille de soldats de Barkhane au Mali © Radio France / Nathalie Hernandez

C'est lors d'une mission de reconnaissance et de renseignement, à deux kilomètres au nord de Ménaka que le sergent Yvonne Huynh et le brigadier Loïc Risser ont été tués, à bord de leur véhicule blindé léger, dans l'explosion d'un engin artisanal. Un troisième militaire de la force Barkhane a été blessé, mais son pronostic vital n'est pas engagé, à précisé l'état-major des Armées.  

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Le sergent Yvonne Huynh est la première femme à mourir en opération depuis le début de l'intervention française au Sahel en 2013. Il y a six jours, le lundi 28 décembre, trois soldats sont morts dans les mêmes circonstances alors qu'ils se rendaient en convoi entre Hombori et Gossi au cours d'une mission de ravitaillement.  

Quelques heures seulement après l'attaque de samedi , l'attentat du 28 décembre a été revendiqué par le Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda. 

L'attaque à eu lieu dans la région de Menaka.
L'attaque à eu lieu dans la région de Menaka. © Radio France / Chadi Romanos

"Un ennemi rusé et agile"

Depuis bientôt un an, les forces françaises de Barkhane ont concentré leurs missions anti-terroristes dans la zone dite des "Trois frontières" entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Une décision prise par le président français Emmanuel Macron lors du sommet de Pau, le 13 janvier 2020, avec ses homologues sahéliens.   

L'armée française avait pour objectif d'affaiblir le groupe Etat islamique au Grand Sahara (EIGS). Et si Barkhane a rempli sa mission face à un EIGS incapable de mener de grandes actions, elle reste aujourd'hui confrontée à son rival, le GSIM. Interrogé à l'Assemblée Nationale il y a quelques semaines, le 25 novembre 2020, le général Marc Conruyt, commandant de la force Barkhane, a été très clair sur le GSIM : 

"C’est, à ce jour, l’ennemi le plus dangereux pour la force Barkhane, pour les forces internationales et pour le Mali."

En un an, les armées françaises au Sahel ont pourtant marqué des points. Des dizaines de djihadistes ont été mis hors de combat et deux figures d'Al-Qaïda au Maghreb islamique, l'émir Droukdel et Ba Ag Moussa, un de ses chefs militaires, ont été éliminés. Mais comme le décrit le général Conruyt, le GSIM est "un ennemi rusé, agile, capable à la fois d'une vision et de coups tactiques".

La France ne discute pas avec les terroristes 

Au Mali, après le coup de force militaire l'été dernier, des négociations ont repris avec des représentants du GSIM. Elles ont finalement débouché sur la libération d'otages dont la française Sophie Pétronin. En échange, une forte rançon a été versée et 204 prisonniers ont été relâchés.

Aujourd'hui encore, la France réaffirme qu'elle ne discute pas avec les terroristes. C'est un principe qu'a rappelé maintes fois rappelé le président Emmanuel Macron. Si certains Etats veulent entamer des discussions avec des groupes armés cela relève de leur responsabilité.

Comme l'a précisé le général François Lecointre, le chef d'état-major des armées françaises à nos confrères de RFI, mi-décembre, "si l'on veut s’entendre un jour, s’entendre avec quelqu’un qu’on a combattu, il faut être capable de choisir le bon partenaire avec lequel s’entendre, celui qui est représentatif, qui est légitime". Pour le général Lecointre cela "posera un jour la question d’un accord politique qui se fera avec des gens qui, à un moment ou à un autre, ont été des ennemis de la force Barkhane, ont été les ennemis de la force armée malienne".