Le scrutin, qui sera suivi d'élections sénatoriales et d'une élection présidentielle avant la mi-2012, constitue la première grande étape de la transition démocratique depuis le départ de l'ancien raïs le 11 février.

Les 17 millions d'Egyptiens appelés aux urnes ont commencé à voter lundi dans un contexte tendu après une semaine d'émeutes dans plusieurs villes du pays contre le Conseil suprême des Forces armées (CSFA) qui assure la transition depuis février.

Les observateurs ont fait état d'une forte participation. Le scrutin désignera les 498 représentants de la chambre basse du parlement d'ici au 11 janvier, mais aucun chiffre officiel n'a pour l'heure été publié.

Le deuxième jour de la première phase des élections en Egypte :

A l'exception de contretemps logistiques et de violations de la législation de la campagne électorale, aucun incident majeur n'a été signalé.

Les élections libres sont une nouveauté en Egypte, où les autorités et les forces de sécurité ont truqué les scrutins pendant des décennies en faveur du Parti national démocratique, le parti de Moubarak, aujourd'hui dissous.

Interdits mais tolérés sous l'ancien régime, les Frères musulmans, et leur parti Liberté et justice, espèrent renforcer leur position au parlement mais leur influence pourrait être toute relative si le CSFA se maintient au pouvoir.

Certains Egyptiens continuent en effet de craindre que l'armée ne cherche à préserver ses privilèges et à s'accrocher au pouvoir, plutôt que de favoriser la transition vers la démocratie.

POUVOIR AU PARLEMENT

Sous la pression de la rue, le CSFA a accepté d'accélérer le transfert du pouvoir aux civils, promis d'ici juillet, en organisant l'élection présidentielle avant la fin juin, mais pourrait tenter de rester dans le jeu politique.

La politique sera entre les mains du parlement", assure toutefois Diaa Rashwan, un spécialiste politique égyptien.

Le nouveau parlement élu pourrait se trouver en compétition avec Kamal Ganzouri, chargé la semaine dernière par l'armée de former un gouvernement qui devrait être dévoilé d'ici jeudi.

"C'est important que chaque citoyen vote pour que le parlement représente le peuple et que leurs voix soient entendues par le gouvernement", estime Sara Fekry, 29 ans, venue glisser son bulletin à Zamalek.

Plus modérée, Howeida Hussein, enseignante de 40 ans, fait part de sa crainte de voir l'armée s'ingérer dans les résultats. Mais, dit-elle aussitôt, "ils n'y arriveront pas parce que le peuple égyptien est très vigilant".

Armés d'ordinateurs portables et de tracts, les membres des Frères musulmans et des partis islamistes tentaient mardi d'approcher les électeurs en les épaulant face à la complexité du système électoral.

"Je vote pour le Wafd parce que je ne veux pas d'un parti ultra-religieux qui exclut les autres points de vue", confie Sayed Ibrahim, 30 ans, dans la ville de Damiette.

"C'est la première fois que j'ai l'impression d'avoir des élections honnêtes. L'an dernier, c'était sans doute 10% d'honnêteté et 90% de trucages. Des bandits. Maintenant l'armée fait du bon boulot."

Marine Pennetier pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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