Manifestants brésiliens avant le début du vote des sénateurs sur le sort de Dilma Rousseff
Manifestants brésiliens avant le début du vote des sénateurs sur le sort de Dilma Rousseff © Reuters / Paulo Whitaker

Les sénateurs brésiliens ont voté à la tribune dans une session historique pour destituer la présidente Dilma Rousseff. Elle doit céder le pouvoir et sera remplacée, trois mois durant, par le vice-président Michel Temer..

C’est une énorme page de son histoire que le Brésil tourne ce jeudi, alors qu’à Brasilia, les sénateurs ont finalement voté après une séance de plusieurs heures , pour la destitution de celle qui fut la première femme présidente du pays, mais qui doit sa chute à un énorme scandale de corruption. Un total de 55 sénateurs sur 81 se sont prononcés pour le départ de Dilma Rousseff (22 ont voté contre).

►►►Les courbes de popularité de Lula et de Dilma Rousseff

Les courbes de popularité de Lula et de Dilma Rousseff
Les courbes de popularité de Lula et de Dilma Rousseff © Radio France

Élue en 2003, Dilma Rousseff, seraécartée du pouvoir pendant au moins 180 jours,ce qui permettra aussi, dans le même temps, l’ouverture de son procès pour maquillage de comptes publics dans le cadre de l’affaire Petrobras . La présidente de 68 ans avait d’ailleurs déjà fait emballer ses effets personnels, convaincue que l’issue du vote ne faisait aucun doute, et dans une « ambiance d’enterrement », selon les propos d’un de ses collaborateurs.

►►►ECOUTER : Les dernières heures de Dilma Rousseff à la tête du pays, reportage au Brésil de Mathilde Lemaire

Un intérim de 180 jours

Le vice-président Michel Temer , 75 ans, va désormais avoir la lourde tâche d’assurer l’intérim de trois mois à la tête du Brésil, avant de prochaines élections, pour lesquelles il n’est pourtant pas favori : il n’est actuellement crédité que d’1% à 2% des intentions de votes. Temer, ex-allié de Dilma Rousseff, devrait annoncer, ce jeudi, la formation d’un gouvernement axé sur le redressement économique de transition.

►►►ECOUTER : Le portrait de Michel Temer par Olivier Poujade, du service Monde de France Inter

L’opposition accuse Dilma Rousseff de malversations financières sur les comptes publics, liées au scandale Petrobras, pour masquer un énorme déficit en 2014, année de sa réélection, mais aussi en 2015. Mais l’ex-guérillera, elle, se dit victime d’un « coup d’État » mené par son propre vice-président Michel Temer, et affirme que les précédents ditigeants brésiliens ont, eux aussi, eu recours à ces « rétro-pédalages budgétaires » sans avoir été inquiétés.

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