Arrivé en France dimanche soir, le président chinois Xi Jinping enchaîne ce lundi les entretiens avec son homologue français. Emmanuel Macron espère remettre à plat les relations entre la Chine et l'Union européenne.

Le président français Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping à la Villa Kerylos de Beaulieu-sur-Mer, pour un diner informel le 24 mars 2019, à la veille de l'entretien officiel, prévu à Paris, entre les deux dirigeants.
Le président français Emmanuel Macron et son homologue chinois Xi Jinping à la Villa Kerylos de Beaulieu-sur-Mer, pour un diner informel le 24 mars 2019, à la veille de l'entretien officiel, prévu à Paris, entre les deux dirigeants. © AFP / JEAN-PAUL PELISSIER

Jusqu’à présent, l’Europe a répondu en ordre dispersé aux sollicitations de la Chine et aux opportunités qu’elle peut offrir sur son marché intérieur. Chacun tente de tirer son épingle du jeu en négociant séparément avec Pékin. Un exemple en a encore été donné samedi avec la signature - avec quelques réserves - entre l’Italie et la Chine d’un accord-cadre sur "les nouvelles routes de la soie", ce programme pharaonique d’infrastructures, destiné à faciliter les exportations chinoises vers les pays occidentaux. Un projet que la France refuse de cautionner en l’état. 

Vendredi dernier à Bruxelles, Emmanuel Macron avait même dénoncé la "naïveté" de l’Union Européenne face au géant chinois. Mais le contexte change et la France espère mobiliser les 28 pour peser davantage ensemble face à l’expansionnisme chinois. 

Même si certains pays, en difficulté financière ou politiquement fragiles, se sont laissé tenter ces dernières années par les sirènes chinoises (l’Italie, mais aussi la Grèce et plusieurs pays d’Europe centrale).

La France pose des limites

Pour montrer sa détermination à coordonner la politique de l’Union européenne face à la Chine, Emmanuel Macron organise une réunion mardi 26 mars à l’Elysée, où Xi Jinping sera présent, en compagnie d’Angela Merkel et de Jean-Claude Juncker, pour parler du multilatéralisme. 

Un thème cher au Président français qui veut inciter son homologue chinois à sortir de l’affrontement stérile avec les États-Unis et à privilégier le dialogue avec d’autres partenaires occidentaux, tout en montrant une capacité de résistance en matière commerciale mais aussi technologique. 

Depuis des années, la Chine est redoutée pour sa capacité à user des transferts de technologie à son seul profit. Certains la soupçonnent désormais de vouloir abuser de son avance dans la téléphonie mobile de dernière génération pour aspirer les données de ses clients à l’étranger. Les Européens s’inquiètent notamment de la vente d’équipements de 5G par le géant Huawei à des pays trop insouciants.

Pendant la diplomatie, les affaires continuent

Tous ces sujets au menu de la visite d’Etat de Xi Jinping en France n’empêcheront pas d’avancer sur les dossiers commerciaux. L'Élysée promet des signatures de contrat et annonce avoir reçu des signaux positifs sur la finalisation de la vente de 184 Airbus pour un montant de 18 milliards de dollars. 

Les discussions permettront aussi de faire un bilan depuis la visite en Chine d’Emmanuel Macron en janvier 2018, qu’il s’agisse de l’EPR de Taishan ou de la levée de l’embargo sur le bœuf français.

Autre point qui tient à cœur au président Macron : la réforme de l’organisation mondiale du commerce. La France cherche des alliés pour une remise à plat de l’OMC afin de trouver un système plus équitable.

Les droits de l’Homme, zone grise de la Chine 

Emmanuel Macron parlera-t-il avec Xi Jinping de la répression des opposants politiques et des minorités religieuses en Chine ? La réponse est oui, assure-t-on à l’Élysée. La seule question est de savoir quelle forme prendra cette discussion. 

La France dit souvent préférer des conversations discrètes avec les dirigeants des pays où les droits de l’Homme sont bafoués, dans un souci d’efficacité. Il est vrai que lors de sa visite en Égypte en janvier, Emmanuel Macron s’était fait rabrouer par le président Al Sissi pour avoir évoqué en public la répression des dissidents. 

Dans le cas de la Chine, les manifestations dimanche à Paris de Tibétains et de Ouïghours mettent une pression supplémentaire sur Emmanuel Macron.

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