Combattants de l'organisation État islamique en Irak
Combattants de l'organisation État islamique en Irak © Reuters /

TÉMOIGNAGE EXCLUSIF | Deux jeunes de Lunel ont été tués en Irak le week-end dernier. Depuis, le maire demande à la communauté musulmane de condamner clairement et fermement ces départs. Une condamnation qui ne viendra pas, nous dit un responsable.

L'affaire avait secoué cette commune de l'Hérault : selon Le Midi Libre, non seulement les deux jeunes de Lunel (de 19 et 28 ans) avaient été tués dans des combats en passant de la Syrie à l'Irak, mais ils faisaient aussi "partie d'un groupe au total d'une dizaine de Lunellois" . Le quotidien évoquait "une radicalisation assez récente, selon des proches".

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"Ces deux nouveaux décès appellent une réponse forte", avait alors lancé le maire de Lunel, Claude Arnaud. "Je demande aux services de l'État d'agir au mieux et au plus vite. Je souhaite également que les représentants des musulmans de Lunel s'expriment clairement pour condamner fermement ces départs ".

"On n'a pas à les juger, seul Dieu les jugera"

Une condamnation qui ne viendra pas de la mosquée de Lunel. Lahoucine Goumri, président de l'association "Union des musulmans de Lunel", qui se charge du lieu de culte, explique qu'il connaissait les deux jeunes, "super", "serviables", "aimés de toutes parts" et dont il ne soupçonnait pas qu’ils voulaient partir.

Pour lui, la mosquée n'est pas responsable de cette radicalisation, même s'il ne condamne pas pour autant leur décision d'aller combattre Bachar al-Assad. Il répond à Aurélien Colly pour France Inter et France Bleu Hérault.

Je ne condamne pas du tout ces départs. Les gens sont libres de partir ou de rester : il y a des gens qui pensent que c'est un djihad, d'autres qui pensent que là-bas il y une injustice à combattre. La mosquée n'a pas à condamner ou ne pas condamner ces départs-là.

Elle ne dira pas "c'est des héros, c'est des martyrs". Elle ne dira pas "c'est des zéros". Nous, on n'a pas à les juger. Seul Dieu les jugera, en espérant qu'il les accueille dans son paradis s'ils avaient une bonne intention.

Pas de condamnation, même si cela n'engage pas le reste de la communauté musulmane de Lunel. Cette dernière est loin de partager unanimement ce sentiment.

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