Combattants de l'organisation État islamique en Irak
Combattants de l'organisation État islamique en Irak © Reuters

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve l'a confirmé : on voit bien apparaître, avec une "très forte probabilité", un jeune Français sur la dernière vidéo de l'organisation État islamique, qui montre l'assassinat d'une vingtaine de prisonniers.

La vidéo, qui dure un quart d'heure, montre les décapitations d'au moins quatorze prisonniers présentés comme des soldats fidèles au président syrien Bachar al Assad, notamment des pilotes de l'armée de l'air. Elle montre également la tête d'un otage présenté comme l'humanitaire américain Peter Kassig, dont la mort a été confirmée dans la nuit par Barack Obama.

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"La vidéo diffusée a été analysée par nos services de renseignement, cette analyse tend à établir avec une très forte probabilité qu'un ressortissant français a pu participer directement à la commission de ces crimes abjects", a déclaré Bernard Cazeneuve lors d'un point presse.

"Les investigations se poursuivent mais une forte présomption existe qu'il pourrait s'agir de Maxime Hauchard, né en 1992, originaire d'une localité du département de l'Eure et parti en Syrie en août 2013", a-t-il ajouté.

Dans le village du jeune homme, on n'est pas forcément surpris. Reportage d'Hélène Lam Trong

Bernard Cazeneuve appelle également les jeunes Français tentés par le Djihad à "ouvrir les yeux" sur la "barbarie" de l'organisation EI.

"On est dans une sorte de cercle vicieux"

Le procureur de Paris, François Molins, est lui plus affirmatif, expliquant que "des indices circonstanciés confirment l'implication d'un Français dans la décapitation de prisonniers syriens montrée dans une vidéo du groupe Etat islamique".

Selon la justice française, un autre Français pourrait être impliqué dans les mêmes faits. Le procureur de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête pour assassinat en bande organisée dans le cadre d'une entreprise terroriste, "visant les agissements de deux Français". Outre Maxime Hauchard, il est "possible" qu'un "second Français, un jeune converti né en 1992", soit également présent sur les même images

Faire parler de leur vidéo en y intégrant des djihadistes français, c'est aussi une forme de propagande pour le groupe État islamique, qui utilise ainsi un peu malgré eux les médias et les politiques français.

Olivier Poujade a contacté David Thomson, journaliste à RFI et auteur du livre "Les djihadistes français"

Sur la vidéo, l'homme apparaît à visage découvert, contrairement à celui que la presse britannique a surnommé "John le djihadiste" et qui a été identifié par les autorités de son pays comme étant l'auteur de plusieurs décapitations filmées.

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