Avant même son entretien avec la Première ministre britannique Theresa May, le président américain Donald Trump a menacé : seule une rupture radicale avec l'Union européenne préserverait la relation des Etats-Unis avec "[leurs] plus proches alliés, mais aussi [leurs] amis les plus chers".

Au lendemain de son arrivée en Grande-Bretagne, Donald Trump a conditionné la relation commerciale transatlantique à une rupture franche de Londres avec l'Europe
Au lendemain de son arrivée en Grande-Bretagne, Donald Trump a conditionné la relation commerciale transatlantique à une rupture franche de Londres avec l'Europe © Radio France / Nicolas Mathias

"S'ils font un tel accord, nous traiterions avec l'Union européenne au lieu de traiter avec le Royaume-Uni."

La menace de Donald Trump est claire : si Theresa May confirme le plan proposé à Bruxelles qui prévoit de maintenir des liens étroits avec l'UE à 27 en matière de commerce de biens, ce sera au détriment d'un accord de libre-échange avec Washington.

Dans une interview au Sun, alors qu'il entame sa visite en Grande-Bretagne, le président des États-Unis, insiste : "Cela tuera probablement l'accord." 

Johnson, un "grand Premier ministre"

Pour enfoncer le clou sur un projet dont il disait, la veille à Bruxelles, "ne pas savoir" s'il correspondait au vote des Britanniques de quitter l'UE, il n'a pas non plus exclu de rencontrer son "ami" Boris Johnson, qui ferait un "grand Premier ministre".

Ce dernier, partisan d'un Brexit dur, a claqué la porte du gouvernement en début de semaine pour protester contre le plan de Theresa May, qui instaure une nouvelle "zone de libre-échange" qui reposerait sur un ensemble de règles communes concernant les biens et le secteur agro-alimentaire.

"Les amis les plus chers"

De son côté, jeudi soir, Theresa accueillait avec enthousiasme la visite de Donald Trump : elle a vantait la force du lien transatlantique, y voyant une opportunité "sans précédent". Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ne sont pas seulement "les plus proches alliés, mais aussi les amis les plus chers", déclarait-elle lors du dîner en présence du président américain et de son épouse Melania pour, au palais de Blenheim, près d'Oxford.

Depuis le début de la semaine, des manifestants disent leur désaccord avec Donald Trump à Londres.
Depuis le début de la semaine, des manifestants disent leur désaccord avec Donald Trump à Londres. © Radio France / Nicolas Mathias

Un hiatus qui devrait compliquer la suite des discussion, aujourd'hui, alors que les deux dirigeants doivent reprendre des discussions bilatérales, sur le commerce bien sûr, mais aussi sur le Proche-Orient et la Russie, avant la rencontre de Donald Trump avec le président russe Vladimir Poutine lors d'un sommet à Helsinki lundi.

À Londres, des manifestations hostiles au président américain, qui ont débuté hier, devraient culminer avec un rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes à Trafalgar Square. Les manifestants dénoncent la politique migratoire de Trump, son "sexisme" et son "déni" du changement climatique.

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