Le 26e sommet de l’Otan qui s’ouvre ce mercredi à Bruxelles devrait permettre au président américain, cette année encore, de régler ses comptes avec ses alliés. En faisant fi de toute diplomatie, comme il l’a montré avant son départ vers la Belgique.

Déjà au Sommet de l'OTAN de l'an passé, Donald Trump estimait que "les bons comptes font les bons amis"
Déjà au Sommet de l'OTAN de l'an passé, Donald Trump estimait que "les bons comptes font les bons amis" © AFP / Mandel Ngan

L’arrivée de Donald Trump dans le paysage diplomatique mondial a toujours quelque chose de réjouissant : dans les sommets ou les rencontres officielles auxquels participe le président américain, s’instille toujours une dose d’imprévus qui, s’ils n’étaient pas parfois lourds de conséquences, seraient presque savoureux.

C’était le cas à l’issue du dernier G7 au Canada, en juin dernier, lorsque l’incontrôlable président décidait, d’un tweet envoyé depuis son avion retour, de retirer son soutien au communiqué final. Cela devrait l’être tout autant pour ce sommet de l’Otan à Bruxelles.

Tel un invité se rendant à un dîner pour y régler ses comptes avec les différents convives, Donald Trump a donné le ton avant même le début du sommet, ce mercredi 11 juillet.

Très injuste !

Dans un tweet (un de plus) et avec son phrasé habituel, il a rappelé ce mardi midi (heure de Paris) combien étaient injustes à ses yeux les parts des contributions des membres de l’Alliance : "Les pays de l’Otan devraient payer plus, les États-Unis devraient payer moins. Très injuste."

Pour bien comprendre ce tweet sibyllin, il faut connaître les précédents. Celui posté une heure plus tôt : "Prêt à partir pour l’Europe, premier rendez-vous : l’Otan. Les États-Unis dépensent beaucoup plus que n’importe quel autre pays pour le protéger. Pas juste pour le contribuable américain (…)"  Ou celui, assez similaire, envoyé lundi et dans lequel il évoque un pourcentage de participation de son pays assez extravagant : "Selon certains, les États-Unis payent 90% de l’Otan, avec beaucoup de pays qui ne sont même pas proches des 2% demandés".

Les messages qui annoncent des discussions probablement tendues à Bruxelles ces mercredi et jeudi, le partage des dépenses étant l’un des thèmes qui abordé lors du sommet.

Une colère en partie justifiée

En fait, il est demandé aux pays membres de l’Otan de participer au fonctionnement de l’Alliance à hauteur de 2% de leur PIB. Si elle est peu diplomatique, la colère de Donald Trump est toutefois justifiée. Les États-Unis ont en effet dédié pour l’Otan en 2017 l’équivalent de 3,5% de leur PIB, contribuant à environ 72% de ses dépenses pour un montant de 686 milliards de dollars sur un total de 957 milliards.

Participation au fonctionnement de l'OTAN
Participation au fonctionnement de l'OTAN / Rapport 2018 de l'OTAN

Appréciez vos alliés, vous n’en avez pas tant que cela. Donald Tusk, président du Conseil européen

Avec la Grèce, le Royaume-Uni, l’Estonie et la Pologne, les États-Unis sont les seuls à répondre à la directive de 2014 – qui n’est qu’une recommandation – des 2% du PIB versés pour la défense des 29 pays membres. La France par exemple n’est qu’à 1,8%, l’Allemagne, première économie européenne à seulement 1,24%.

Evolution des participations par pays entre les années 2014 et 2017
Evolution des participations par pays entre les années 2014 et 2017 / Rapport 2018 de l'OTAN

La plupart des pays qui ne respectent pas encore l’objectif devraient le faire d’ici 2024. Pour ce qui est de la France, ce devrait être l’année suivante. Avant ses tweets plutôt destinés aux citoyens américains, Donald Trump avait envoyé un courrier à sept pays leur rappelant de se tenir aux engagements pris par l’Otan en 2014. Ainsi la Belgique et le Luxembourg – les plus mauvais élèves –, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Portugal et les Pays-Bas ont-ils été rappelés à l’ordre.

La lettre, comminatoire, n’a pas vraiment été appréciée par le président du conseil européen. Lors d’une conférence de presse, ce mardi matin, Donald Tusk rétorquait ceci à celui qui porte le même prénom : "Chère Amérique, appréciez vos Alliés, après tout vous n'en avez pas tant que cela." Ambiance ! Et d’ajouter "L'Amérique n'a pas et n'aura pas de meilleur allié que l'Europe."

Il faudra suivre les débats mais aussi les dîners ces deux jours. Le climat pourrait rappeler celui d’un dîner de famille lors des fêtes de fin d’année.

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