Donald Trump enchaîne les revers. Il se fâche et tweete avec rage tout en tentant de rassurer sa base...

Donald Trump enchaine les revers
Donald Trump enchaine les revers © AFP / OLIVIER DOULIERY / DPA

Pour Donald Trump, c'est le dernier revers en date : les électeurs républicains de l'Alabama ont boudé son candidat lors d'une élection primaire sénatoriale aux conséquences nationales.

Le président des États-Unis a soutenu de manière très active le sénateur sortant Luther Strange, soutenu par les caciques du parti. Mais les électeurs républicains lui ont préféré le magistrat chrétien ultra-conservateur et controversé Roy Moore.

Trump s'est vu obligé de féliciter le vainqueur sur Twitter :

Félicitations à Roy Moore pour sa victoire à la primaire républicaine. Luther Strange a commencé loin et est bien remonté. Roy, gagne en décembre !

Paradoxe de ce scrutin, des figures du "trumpisme" soutenaient le juge Moore, à commencer par Steve Bannon, ex-conseiller du président évincé en août de la Maison-Blanche, et qui s'est donné comme mission de sauver le trumpisme originel d'un dévoiement par les républicains traditionnels. L'ancienne candidate à la vice-présidence Sarah Palin l'épaulait également. Désormais investi, Roy Moore affrontera en décembre le démocrate Doug Jones.

L' échec de l'abrogation d'Obamacare, une vraie épine dans le pied

Abroger la loi santé signée par Barack Obama en 2014 était l'une des principales promesses de campagne de Donald Trump. Mais à deux reprises, le projet de Trump a capoté. Et ce mercredi, les sénateurs républicains ont annoncé que le vote sur une nouvelle loi signée de deux élus républicains n'aurait finalement pas lieu faute de soutien : trois sénateurs républicains avaient en effet annoncé qu'ils voteraient contre, aux cotés des élus démocrates, synonyme d'échec assuré lors d'un vote.

La justice rejette à plusieurs reprises ses décrets anti-immigration

Donald Trump a dû revoir son texte à deux reprises. En juin, la Cour suprême l'avait assoupli. Elle a limité la portée de son décret, exemptant quiconque pouvant justifier d'une "relation valable avec une personne ou une entité aux Etats-Unis". Mais de nouvelles batailles judiciaires se profilent autour de la nouvelle version présentée le 24 septembre par l'administration Trump. Donald Trump est accusé de continuer de cibler de façon discriminatoire les musulmans. Nettement plus radical, le nouveau texte interdit de façon permanente le franchissement des frontières américaines aux ressortissants de sept pays : le Yémen, la Syrie, la Libye, l'Iran, la Somalie, plus la Corée du Nord et le Tchad.

Nous n'accepterons pas dans notre pays des personnes que nous ne pouvons pas contrôler.

Il se met à dos la plupart des joueurs de basket et de foot américain

Le week-end dernier, Donald Trump s'attaque à Colin Rand Kaepernick, un joueur de football américain qui, en 2016, n'était pas resté debout lors de l'hymne national avant un match, mais avait au contraire mis en genou à terre, en signe de protestation contre les violences policières envers les noirs. Une série de tweets rageurs de Trump a suivi durant tout le week-end et s'est prolongée pendant la semaine. De nombreux joueurs ont mis un genou à terre durant tout le dimanche avant leurs matches en signe de soutien à Kaepernick et en signe d'opposition à Trump. Une équipe entière est même restée au vestiaire. Trump a continué à provoquer sur Twitter.

Or, le public des matchs de foot américain est composé en grande partie d'électeurs républicains, en grande partie électeurs de Trump.

Beaucoup ont hué les joueurs qui se sont agenouillés hier (c'était d'ailleurs un petit nombre au total). Ce sont des supporters qui demandent que notre drapeau soit respecté !

Trump s'est aussi attaqué au joueur de basket des Golden State Warriors Stephen Curry, qui refusait d'assister à la cérémonie à la Maison-Blanche destinée à célébrer le titre de champion NBA remporté par son équipe.

Aller à la Maison-Blanche est un grand honneur pour une équipe championne. Stephen Curry hésite, donc l'invitation est retirée !

Après une nouvelle série d'attaques sur Twitter, plusieurs joueurs se sont prononcés en soutien à Curry, à commencer par la mégastar Lebron James, élu à quatre reprises meilleur joueur de l'année :

Ces épisodes sont révélateurs de l'état d'esprit de Donald Trump aujourd'hui, selon une tribune dans le Washington Post, intitulée "Trump sait que c'est un loser en ce moment, donc voilà les tweets rageurs" .

Sa réforme fiscale, prochain test

Voila des mois que Trump se targue de travailler à une réforme fiscale, et des baisses d'impôts pour tous, même si cela doit se traduire par une hausse de la dette de 1 500 milliards de dollars. Une dette qui s'élève déjà à 20 000 milliards. Trump jure que ce n'est pas un plan pour les riches mais les fuites de ces derniers jours sur le texte laissent penser le contraire : les grandes entreprises et les très très riches seront largement privilégiés dans la réforme. Selon un think tank indépendant cité par le Washington Post, un quart des ménages de la classe moyenne (gagnant entre 49 000 et 86 000 dollars) devront payer davantage d'impôts !

Or Trump a été élu en promettant de mieux traiter les "petits", les ouvriers, les travailleurs, la classe moyenne, ceux qui peinent à joindre les deux bouts. Il n'est pas sur que cette base le suive quand la réforme sera annoncée, même si le parti républicain est pour cette réforme.

La cote de popularité la plus basse pour un président

Donald Trump recordman des opinions négatives
Donald Trump recordman des opinions négatives © AFP / Vincent LEFAI, Sabrina BLANCHARD, Jonathan STOREY
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