Donald Trump multiplie les faux-pas. Résultat : le candidat républicain se fait étriller par Barack Obama, mais aussi par des membres de son propre camp.

Dans les rangs républicains, des sénateurs commencent à se désolidariser de Donald Trump
Dans les rangs républicains, des sénateurs commencent à se désolidariser de Donald Trump © Reuters / ERIC THAYER

Barack Obama a tiré le premier : l’actuel président des États-Unis a critiqué mardi avec une virulence rare le candidat républicain à sa succession, estimant tout simplement qu’il était "terriblement mal préparé" pour devenir président des Etats-Unis. Barack Obama a, dans la foulée, appelé les dirigeants républicains à lui retirer leur soutien.

La raison de ce coup de colère : Trump s’en était pris au père d’un soldat américain musulman, venu témoigner, lors de la convention démocrate, à la mémoire de son fils mort en Irak en 2004. Khizr Khan avait fait un émouvant discours, dénonçant le projet de Donald Trump d'interdire aux musulmans l'entrée aux Etats-Unis.

Le milliardaire américain, candidat à la Maison Blanche pour le camp républicains, tout en critiquant ces propos, a surtout insinué que l’épouse de Khizr Khan avait été forcée au silence ce soir-là parce qu'elle était musulmane.

Polémique sur la médaille militaire Purple Heart

Aux États-Unis où les militaires bénéficient d'un immense respect, le faux-pas n’est évidemment pas passé inaperçu, d’autant qu’un autre a suivi, dès mardi : lors d’un meeting de campagne organisé en Virginie, Donald Trump s’est vu offrir, des mains d’un ancien combattant, sa propre médaille Purple Heart, qui récompense les soldats blessés au combat.

Le candidat républicain a alors répliqué qu’il avait toujours voulu une, mais pensait qu’il était "plus facile" de l’obtenir ainsi. De la part d’un citoyen américain qui n'a jamais servi dans l'armée, le supposé trait d’esprit est assez mal passé, tout comme son attitude désobligeante lors du même meeting à l'égard d'une mère, dont le nourrisson pleurait pendant son discours.

Trump lâché par les siens ?

Si Donald Trump encaisse depuis des mois les attaques du camp démocrates, même des membres républicains s’agacent, désormais eux, aussi des propos de leur candidat. Le sénateur John Mc Cain a dénoncé ses propos, et à la suite de la polémique " Purple Heart", Richard Hanna , un élu de New-York est devenu mardi le premier membre du congrès à promettre publiquement son soutien au camp adverse : il votera Clinton, pour marquer son refus des slogans "qui en appellent à notre déception, peur et haine".

Les figures du camp républicain, régulièrement attaquées par Trump lui-même, vont-elles suivre ? Rien de moins sûr, pour Marie-Cécile Naves : cette politologue spécialiste des États-Unis estime qu’il n’y aura pas de désengagement massif, pour des raisons purement électorales

Le 8 novembre, des élections parlementaires ont lieu en même temps que la présidentielle. Ne pas soutenir massivement Trump serait un très mauvais message envoyé aux électeurs et pourrait entrainer la perte du Sénat (…) ils ne sont pas enthousiastes de cette candidature mais sont quand même obligés de faire avec (Marie-Cécile Naves, politologue spécialiste des États-Unis)

D'après deux sondages publiés lundi, Hillary Clinton possède désormais une marge confortable de 7 à 9 points d'avance face au milliardaire américain.

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