En limogeant son secrétaire d'Etat Rex Tillerson mardi, le président américain place au sein de son cabinet des hommes et des femmes fidèles qui défendent ouvertement sa vision du pays.

Rassemblement pro-Trump le 10 mars 2018 en Pennsylvanie
Rassemblement pro-Trump le 10 mars 2018 en Pennsylvanie © AFP / ALEX EDELMAN / CONSOLIDATED / DPA

Rex Tillerson n'avait aucune expérience politique lorsqu'il a été nommé par Donald Trump chef de la diplomatie américaine. Certains ont pu le critiquer pour n'avoir pas fait grand chose à son poste de Secrétaire d'Etat.
Mais pour de nombreux analystes, dans les pays alliés des Etats-Unis mais aussi au sein du Congrès américain, Tillerson était de ceux qui évitaient aux Etats-Unis de sombrer dans le chaos. C'était l'avis par exemple du sénateur républicain Bob Corker :

Car tous les dossiers diplomatiques vont être repris en mains par le successeur de Tillerson, Mike Pompeo, qui n'était autre (jusqu'à sa nomination) que le patron de la CIA ! Cet ancien militaire est un homme aux ordres de Trump.

TSelon le New York imes, cela signifie qu'après un an d'entrainement houleux, Trump a plus confiance en son instinct et veut bien s'entendre avec ses collaborateurs et membres du cabinet. Il veut aussi qu'ils soutiennent ses positions.  

Je pense que j'approche du cabinet et autres choses que je veux

a dit Trump mardi. 

Bienvenue dans Trumpland !

écrit Aaron David Miller, ancien diplomate spécialiste du Proche-Orient, dans une tribune sur CNN.

La Corée du Nord

La Chine a déclaré mercredi espérer que le limogeage soudain de Rex Tillerson ne perturbera ni les relations bilatérales ni le sommet prévu entre les Etats-Unis et la Corée du Nord avant le mois de mai.

Nous espérons que ce changement de personne n'aura aucune répercussion pour le développement des relations bilatérales et pour la coopération sino-américaine sur certains dossiers importants

a déclaré Lu Kang, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères

En nommant Mike Pompeo, le président américain aura un Secrétaire d'Etat plus belliqueux que diplomate, sceptique au sujet d'une résolution diplomatique du conflit. 

Les relations avec la Russie

"Les relations avec Washington ne peuvent pas tomber plus bas" peut-on lire dans un communiqué publié par le Kremlin en réaction au départ de Rex Tillerson.

Dans une brève allocution qui a suivi son limogeage, Tillerson a envoyé une pique à peine masquée à Donald Trump, affirmant que Washington devait faire plus pour "répondre au comportement et aux actes troublants" de Moscou.

Comme directeur de la CIA, Pompeo a déjà démontré sa fidélité envers Trump, en mettant en doute l'ingérence russe dans l'élection de 2016. Donald Trump l'a alors adoubé. 

Le nucléaire iranien

Pompeo, partisan d'une ligne dure face à l'Iran, est bien plus à même de tailler en pièces l'accord sur le nucléaire iranien signé sous Barack Obama, alors que d'ici deux mois Donald Trump doit décider si oui ou non il imposera de nouveau des sanctions envers Téhéran.

Ce limogeage de Tillerson montre que les Etats-Unis sont "déterminés à quitter l'accord sur le nucléaire" iranien, a estimé mercredi le vice-ministre iranien des Affaires étrangères.  

Les relations avec le Mexique

Donald Trump a multiplié les déclarations hostiles en direction de Mexico depuis sa campagne électorale. Le ministère mexicain des Affaires étrangères a donc réagi dans un communiqué en forme de pied de nez envers le président américain mardi, dans un communiqué. 

"Merci à RexTillerson pour son travail en vue de promouvoir la relation bilatérale entre le Mexique et les Etats-Unis quand il était secrétaire d'Etat".

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