Le Président américain en rajoute chaque jour dans le déni de sa défaite face à Joe Biden. Il continue d'affirmer que la victoire lui a été volée. Selon son entourage, il pourrait ne pas participer à la passation de pouvoirs en janvier. De son coté, il laisse entendre qu'il se présenter de nouveau en 2024.

Donald Trump ne veut pas participer à la passation de pouvoirs avec Joe Biden en janvier 2021 et veut se présenter de nouveau en 2024
Donald Trump ne veut pas participer à la passation de pouvoirs avec Joe Biden en janvier 2021 et veut se présenter de nouveau en 2024 © AFP / Brendan Smialowski

Alors que le Président élu Joe Biden prendra ses fonctions le 20 janvier prochain, il annonce qu'il demandera aux Américains de porter le masque pendant les cent premiers jours de son mandat. De son coté, le Président en exercice Donald Trump, reclus dans la Maison Blanche, reste dans sa logique. Il continue d'ignorer les chiffres dramatiques du coronavirus (les États-Unis ayant atteint 3000 morts en 24 heures, le nombre de morts le plus élevé sur une seule journée), tente de s'attribuer tout le mérite de l'avancée rapide des vaccins et annonce qu'il pourrait bien se présenter à la présidentielle de 2024.

Un contre-évènement le jour de la prise de fonctions de Joe Biden

C'est la tradition, même si rien n'est écrit à ce sujet dans la Constitution américaine : le Président sortant et le Président entrant participent à la cérémonie d'intronisation en janvier à Washington. Les deux présidents se rencontrent pour "se transmettre les dossiers" et la famille sortante quitte la Maison Blanche le jour même, alors que la famille du Président fraichement élu prend possession des lieux après avoir prêté serment.

Cette cérémonie, suivie par des millions de spectateurs à Washington, et par des des millions de téléspectateurs dans le monde entier, se déroule toujours en bonne intelligence, quel que soit le degré d'inimitié entre les deux hommes. Mais Donald Trump en a décidé autrement. Il serait en cours de réflexion pour non seulement ne pas participer à la cérémonie, mais pour organiser un évènement en parallèle, en quelque sorte une contre-fête.

Donald Trump ne prévoit pas de recevoir Joe Biden, ni même de l'appeler. Pour rappel, la tradition américaine veut que le candidat malheureux à une élection appelle le vainqueur dès que les résultats sont confirmés, afin de reconnaitre sa défaite. Donald Trump bien entendu ne l'a pas fait.  

Il vise désormais la présidentielle de 2024

Selon plusieurs médias, à commencer par The Daily Beast, Donald Trump serait en pleines discussions pour annoncer sa candidature en 2024 lors de cet évènement organisé le jour de la passation de pouvoirs le 20 janvier. Trois personnes de son entourage ont confirmé cette information à la presse, tout en affirmant qu'il pourrait annoncer sa candidature plus tôt.

Si l'on en croit "son trait d'humour" lors d'une allocution à la Maison Blanche mercredi, le Président a effectivement 2024 dans le viseur. D'autant que pour l'instant, ses soutiens sont toujours là. Le parti républicain ne l'a pas lâché même si certains élus républicains se désolidarisent, et sa base électorale reste sur sa ligne : l'élection lui aurait été volée par Joe Biden grâce à une fraude massive des démocrates, et lui seul pourrait "réparer cette injustice" en se représentant de nouveau à la prochaine présidentielle. Sans qu'aucune preuve n'ait été présentée.

"Ces quatre années ont été fantastiques. Nous essayons de faire quatre ans de plus. Sinon, je vous retrouverai dans quatre ans !"

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Le New York Times rappelle qu'un seul Président américain avant lui a fait la même démarche : Grover Cleveland. Après une défaite pour un deuxième mandat consécutif en 1888, Cleveland s'est représenté quatre ans plus tard en 1892 et a été élu. Il a donc été 32ème et 34ème Président des États-Unis, à la tête du pays de 1885 à 1889 puis de 1893 à 1897, après s'être incliné devant Benjamin Harrison de 1889 et 1893.

De son coté, le sénateur démocrate de gauche Bernie Sanders a été amené à réagir à cette annonce de Donald Trump. Pour lui : 

"Le parti républicain est une sorte de culte de la personnalité dédié à Donald Trump."

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De plus en plus isolé, il persiste dans sa croisade pour contester la victoire de Biden 

En dépit d'une avalanche de revers judiciaires, il n'a pas changé de ton depuis un mois. Dans une vidéo diffusée mercredi après-midi sur ses comptes Twitter et Facebook, le président a répété ses accusations, toujours sans preuves tangibles. Il a même décrit ce discours comme "le plus important qu'il ait jamais prononcé dans toute sa carrière politique"

Dans ce discours de plus de 45 minutes sur Facebook, réduit à deux minutes sur Twitter, souvent confus,  il se dit "déterminé à protéger le système électoral".

Plusieurs médias américains mettent en avant son narcissisme, seul moteur qui le maintiendrait encore dans sa logique de dénonciation du résultat de la présidentielle, alors que lui même saurait pertinemment qu'il a perdu. Sa nièce, la psychologue clinicienne Mary Trump, qui a écrit un livre pamphlet anti-Trump ( "Trop et jamais assez" Éd. Albin Michel ) évoque de son coté des problèmes mentaux :

"Non seulement, il n'est pas fait pour ce métier, mais il est aussi dangereux pour notre pays. Plus ça avance, plus on va voir son état se détériorer."