Elles avaient déjà formulé les mêmes accusations l'année dernière contre celui qui était alors candidat à la présidence. Dans le contexte de l'affaire Weinstein, trois femmes renouvellent leurs accusations, en espérant qu'elles portent cette fois bien plus loin.

Donald Trump le 7 octobre 2017 en Caroline du Nord
Donald Trump le 7 octobre 2017 en Caroline du Nord © Reuters / Mike Theiler

Ce sont trois femmes aux âges et aux parcours très différents. Samantha Holvey, 31 ans, ancienne participante du concours de beauté Miss USA, organisé par le milliardaire, qui décrit ses regards "concupiscents" en marge du concours, comme si elles étaient "un morceau de viande". Rachel Crooks, 34 ans, qui accuse Donald Trump de l'avoir embrassée sur la bouche, sans son consentement, en 2005 alors qu'elle travaillait comme réceptionniste à la Trump Tower. Et Jessica Leeds, 74 ans, qui raconte avoir été "embrassée" et "touchée", là encore sans consentement, par l'homme d'affaires dans un avion, dans les années 70.

Aucune de ces histoires n'est neuve, mais elles reviennent sur le devant de la scène aux États-Unis. Les trois femmes ont témoigné à nouveau, cette fois devant les caméras de l'émission matinale de la chaîne NBC. Surtout, elles réclament l'ouverture d'une enquête au Congrès.

La Maison Blanche a balayé les témoignages, les qualifiant de "fausses accusations", comme l'avait déjà fait Donald Trump par le passé.

Démissions et respectabilité à reconstruire

Mais ce qui a changé entretemps, c'est le contexte. L'affaire Weinstein, après avoir balayé le monde du cinéma, a lancé une avalanche de révélations dans tous les milieux publics américains, comme les médias et même la politique. La semaine dernière, deux grands noms du parti démocrate (le sénateur Al Franken et le doyen de la Chambre des représentants John Conyers) ont en effet dû quitter leurs fonctions suite à des accusations de comportements déplacés et de harcèlement sexuel.

Tout l'inverse de Roy Moore, candidat républicain au poste de sénateur de l’Alabama, soutenu par Donald Trump, accusé d'attouchements sur mineures remontant à plusieurs décennies. Les républicains, qui utilisaient jusqu'ici les deux cas démocrates comme argument pour maintenir leur candidat, sont donc mis au pied du mur, comme le fait remarquer l'ancien conseiller d'Obama David Axelrod.

"Un étrange principe émerge : si vous reconnaissez des comportements déplacés, vous démissionnez. Mais si vous les niez, quelle que soit l'importance des témoignages contre vous, vous pouvez rester en poste en toute impunité ?"

Les accusations renouvelées contre Donald Trump pourraient donc trouver cette semaine un terreau bien plus fertile que l'an passé, entre des responsables démocrates en quête d'une nouvelle respectabilité, et des élus républicains pris, pour l'instant, en défaut sur la question. Jusqu'à rendre de moins en moins tenable, en termes d'image publique, la défense coûte que coûte de leur président ?

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