Deux ans après l'effondrement du Rana Plazza, les proches des victimes réunis
Deux ans après l'effondrement du Rana Plazza, les proches des victimes réunis © MaxPPP / ABIR ABDULLAH

Depuis le 24 avril 2013 et l'effondrement de l'immeuble du Rana Plazza à Dacca au Bangladesh où un millier de travailleurs textile ont péri, les ONG se battent pour que les grandes enseignes cessent d'exploiter les plus pauvres.

L'industrie textile emploie quatre millions de travailleurs au Bangladesh, c'est l'épine dorsale de l'économie de ce pays. L'effondrement du Rana Plazza qui abritait de nombreux ateliers avait provoqué la mort de 1138 ouvriers, plus de 1500 blessés, il y a deux ans et demi.

Ce drame avait provoqué une prise de conscience , bien au-delà du Bangladesh, car les petites mains travaillaient aussi pour nous en Occident. On a retrouvé dans les décombre de cet immeuble des étiquettes Mango, Camaïeu, Auchan, etc. Certaines de ces enseignes ont contribué au fonds d'indemnisation des victimes. Près de 70% d'entre-elles ont été indemnisées.

Les marques n'ont pas changé de mentalité

Le photojournaliste bangladais Ismail Ferdous a réalisé un web-documentaire dédié au suivi de ce drame. Les marques disent s'engager à lutter contre la sous-traitance opaque, mais elles continuent à se défausser sur leurs fournisseurs, disent les ONG, en externalisant toute leur production.

J'avais l'impression que le bâtiment allait à nouveau s'écrouler sur moi

Amena Begum, survivante du drame, n'arrive pas à oublier.Ce drame a fragilisé la vie de millions de personnes, des femmes surtout qui avaient accédé à une certaine forme d'autonomie financière.

Lacréatrice éthique Constance Bost a elle fondé une marque équitable, l'Atelier de couture. Produire plus ethique ne serait pas forcément synonyme de prix plus élevé pour le consommateur. Car au bout du compte, le coût de la confection n'entre que de façon infime dans le prix global d'un vêtement. Les marges des grandes marques, elles, n'ont jamais cessé d'augmenter.

Une proposition de loirelative au devoir de vigilance des multinationales est en ce moment examinée au Sénat. Elle vise à éviter que de tels drames se reproduisent. Si la loi passe, les 150 grands groupes français devront surveiller la totalité de leur chaîne de production, y compris leurs sous-traitants étrangers.

Marie-Laure Guislainestl'avocate de l'associationSHERPA qui a porté plainte contre Auchan en juin dernier pour des manquements dans la sécurité de ses usines sous-traitantes bangladaises. L'association vient de lancer une pétition.Elle était l'invitée de Claire Servajean, vendredi, sur France Inter

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