Zeev Elkin, le candidat soutenu par le premier ministre Benyamin Netanyahou s'est fait sortir dès lundi dernier. A quelques heures du second tour des élections municipales en Israël, le favori, Moshe Leon, est fortement menacé par Ofer Berkovitch, un jeune trentenaire venu de la société civile.

Le candidat à la mairie de Jérusalem Ofer Berkovitch en campagne. 30 octobre 2018
Le candidat à la mairie de Jérusalem Ofer Berkovitch en campagne. 30 octobre 2018 © Maxppp / JIM HOLLANDER

Ofer Berkovitch, le Macron de la Ville Sainte

Il est la surprise de cette élection. Âgé de 35 ans, Ofer Berkovitch a monté un mouvement, "Hitorerout" (réveil en hébreu), issu de la société civile qui siège depuis deux mandats à la mairie de Jérusalem. Au premier tour des municipales, il a réuni 29% des suffrages. Marié à une Française, croyant et pratiquant, il est pourtant le seul candidat non religieux de cette élection et bénéficie du soutien des laïcs et des orthodoxes modernes. Il incarne la modernité, l’intérêt général, le pluralisme. Il est, en quelque sorte, à rebrousse-poil de l’ambiance générale en Israël depuis la formation du gouvernement, très à droite, de Benyamin Netanyahou. Il est d’ailleurs soutenu par les déçus du Likoud et a pour lui d’être originaire de Jérusalem. Sa formation dispose déjà du plus grand nombre de siège au nouveau conseil municipal.

Affiche de campagne de Moshe Lion, candidat de droite à la mairie de Jérusalem (oct 2018)
Affiche de campagne de Moshe Lion, candidat de droite à la mairie de Jérusalem (oct 2018) © AFP / MENAHEM KAHANA

Moshe Lion, le candidat du gouvernement

En face de lui, Moshe Lion garde l’étiquette du parachuté. Ancien collaborateur du premier ministre, il est totalement dépendant des ultras-orthodoxes et est déjà fragilisé par son absence de sièges au conseil municipal. Ses liens avec le ministre de l’intérieur, leader séfarade, qui a dérapé dans des propos récemment tenus pendant la campagne, ne jouent pas en sa faveur.

La seule liste de candidats arabes n'a pas réussi à obtenir de mandats au conseil municipal de Jérusalem

Au final les ultra-orthodoxes devraient arbitrer cette élection qui se résume à une équation dans l’air du temps : pour ou contre le système. 

Ailleurs en Israël

À Tel-Aviv, le maire sortant Ron Huldaï, membre du parti travailliste (gauche), à la tête de la capitale économique du pays depuis 1998, a pour sa part été réélu.  A Haïfa (nord), l'élection d'Einat Kalisch Rotem, qui a largement franchi la barre des 40%, a créé la surprise : elle devient la première femme à diriger l'une des trois plus importantes villes d'Israël, après avoir évincé Yona Yahav, maire depuis 15 ans.

6,6 millions d'Israéliens étaient appelés à voter et ont bénéficier pour la première fois d'un jour de congé à cet effet. La participation s'est élevée à 54%, contre 50,9% lors du précédent scrutin

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.