L'Organisation mondiale de la santé est plus inquiète que jamais alors que la nouvelle épidémie d'Ebola en République Démocratique du Conga sévit dans une "zone de guerre" où les humanitaires ne se déplacent pas sans "escorte armée".

Des agents de santé s'équipent de protection pour soigner les patients atteints d'Ebola à l'hôpital de Bikoro, épicentre de la dernière épidémie en RDC (mai 2018).
Des agents de santé s'équipent de protection pour soigner les patients atteints d'Ebola à l'hôpital de Bikoro, épicentre de la dernière épidémie en RDC (mai 2018). © AFP / Mark Naftalin / Unicef

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'attend à des difficultés maximales pour enrayer la nouvelle épidémie d'Ebola en République Démocratique du Congo (RDC). Une semaine après la fin de la dernière épidémie dans la province de l’Equateur, de nouveaux cas ont été détectés à 2 500 km de là, dans la région instable du Nord-Kivu où les humanitaires ne se déplacent pas _"sans escorte armée"prévient Peter Salama. Le directeur général adjoint de l'OMS, en charge des réponses d'urgence, est très inquiet : "sur l'échelle du degré de difficulté, tenter d'éteindre une flambée d'un pathogène mortellement dangereux dans une zone de guerre est au sommet"._

Niveau de sécurité 4

La maladie a été signalée dans la petite ville de Mangina, dans cette région où "c'est le niveau de sécurité 4 pour l'ONU, l'un des plus élevés", a expliqué M. Salama, spécifiant que "plus d'une centaine de groupes armés opèrent à l'intérieur et autour du Nord-Kivu".  Et alors que l'identification la plus rapide des patients et des contacts des patients est l'un des éléments principaux de la lutte contre Ebola, le directeur général adjoint de l'OMS ne sait pas dans quelle mesure celle-ci va pouvoir s'opérer avec des escortes armées.  

Peter Salama a également mis en exergue les difficultés liées à la présence de nombreux déplacés internes dans la région et aux mouvements de la population vers l'Ouganda voisin, où les humanitaires ont été mis en état d'alerte pour identifier tout cas suspect.

Une inhumation non sécurisée à l'origine de l'épidémie

La nouvelle épidémie de fièvre hémorragique, déclarée le 1er août, aurait déjà fait 20 morts dans l'est de la RDC. Quatre cas ont été confirmés par les laboratoires. Selon M. Salama, le décès d'une femme dans un hôpital dans les environs de Beni, suivi de ses funérailles non sécurisées, constitue "l'événement critique, qui a vraiment déclenché l'alarme" alors qu'un protocole en douze étapes doit être respectés pour inhumer une victime d'Ebola. 

La souche de l'épidémie serait très probablement la souche Zaïre, la plus mortelle, mais contre laquelle un vaccin mis au point par la société pharmaceutique américaine Merck sera distribué la semaine du 6 août.

La dixième épidémie en RDC

Le virus est "né" en République Démocratique du Congo. Il a été découvert pour la première fois en 1976, dans le nord du pays, à Yambuku.  La dernière épidémie, survenue en mai dernier, avait fait 33 morts sur 54 cas avérés. Le ministère de la Santé avait d’ailleurs déclaré la fin de cette neuvième épidémie le 24 juillet. Une semaine plus tard, le virus est de retour. 

Pour le directeur général de l'OMS, Tedros Ghebreyesus, "Ebola est une menace permanente en RDC" même si aucun lien n'est pour l'instant établi entre les deux épidémies.

Nouvelle épidémie d'ébola en Rdc
Nouvelle épidémie d'ébola en Rdc © Visactu / .
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