Mère Teresa est une sainte. François Gautier le reconnait. Elle a soigné malades, infirmes, handicapés avec une vigueur qui paraissait surnaturelle.

Mais dans ce travail dans les bidonvilles de Calcutta , elle aurait véhiculé, malgré elle, l'image d'une Inde miséreuse.

Arun Shourie, ancien rédacteur en chef du journal "Indian Express " regrette que Mère Teresa n'ait choisi de parler que des mouroirs et des orphelins de Calcutta .

François Gautier, pour sa part, est plus choqué par le film de Dany Boyle "Slumdog millionnaire ".

Notamment la scène où un enfant plonge dans une mer de merde pour obtenir un autographe d'Amitabh Bachchan .

L'adaptation du livre écrit par un diplomate indien est très éloigné du texte.

Et François Gautier de se demander pourquoi sommes nous en Occident si attaché au cliché de la pauvreté en Inde, tel que véhiculé par ce film ?

Bien entendu, eu égard aux richesses du XIXème siècle, le pays s'est appauvrie. Dans les zones rurales et en banlieue des métropoles poussent des îlots de grande misère.

Mais cette pauvreté n'est qu'une façade. Il y a beaucoup d'argent en Inde.Le lot des inégalités sociales est aussi criant qu'ailleurs.

Les grandes fortunes indiennes sont les plus importantes à l'échelle mondiale. La classe moyenne s'est aussi enrichie sur le dos du Fisc. Arun Kumar, économiste de New Delhi estime que l'économie au noir représente 50% du PIB indien. Ce marché parrallèle et la corruption pose des freins à la croissance indienne , une croissance consolidée qui tourne autour de 9,2 % en 2011.

Guha Takurta , sommité économique en Inde estime que l'Inde dépassera la Chine en 2015.

L'économie indienne est la quatrième au monde en termes de pouvoir d'achat. Avec des secteurs en pointe : l'industrie, la biotechnologie, la pharmacologie, l'acier, l'agroalimentaire.

Quatrième puissance agricole mondiale (riz, lait, blé, thé).Deuxième producteur mondial de ciment.

Le marché des téléphones portables connait la croissance la plus rapide au monde. Le réseau de télécoms gagne en performance. Les technologies informatiques aussi.

Le pays s'enrichit, les ménages aussi.

Et pourtant,

18% d'indiens ne disposent pas de toilettes dans les zones urbaines.Les infrastructures sont en retard. Le réseau routier est une horreur. Les bateaux prennent quatre jours pour charger et décharger dans les ports indiens, quatre fois plus de temps qu'à Hong-Kong.

à partir du travail de François Gautier rédacteur en chef de La nouvelle revue de l'Inde , invité de Partout Ailleurs le 30 novembre sur Inter

Sur twitter : @ericvalmir

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