Dur réveil pour les partisans de l'indépendance écossaise
Dur réveil pour les partisans de l'indépendance écossaise © Reuters / Cathal McNaughton

Le scrutin s'annonçait particulièrement serré, mais les opposants à l'indépendance ont finalement remporté une nette victoire. L'Écosse reste donc rattachée au Royaume-Uni. Un véritable happy end pour David Cameron et pour l'Union européenne...

Les résultats officiels sont sans appel : 55,3 % pour le non, 44,7 % pour le oui. Des chiffres beaucoup moins serrés que ne le laissaient présager les derniers sondages, qui donnaient les deux camps au coude à coude dans les derniers jours de campagne.

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Cerrière ce résultat, qui est une moyenne, il y a d'importantes disparités entre les cantons..

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Le Premier ministre écossais annonce sa démission

C'est évidemment une immense déception pour les partisans de l'indépendance, Alex Salmond en tête. Le Premier ministre de l'Écosse a mené une vaste campagne pour le "oui", une campagne qui est passée à deux doigts de la réussite. Et même s'il obtient, conformément aux engagements de son voisin anglais, une autonomie accrue, cela reste un simple lot de consolation, dont on ne connaît même pas encore le détail.

Le chef du Parti national écossais (SNP) a donc annoncé à la presse, quelques heures après la fin du scrutin, qu'il démissionnerait de son poste de Premier ministre. Tout en assurant que le combat pour l'indépendance reviendrait prochainement sur le devant de la scène.

Le temps d'occuper une fonction dirigeante est presque révolu pour moi, mais la campagne pour l'Écosse continue et le rêve ne mourra jamais.

Alex Salmond ne briguera pas de nouveau mandat lors du congrès de son parti, prévu en novembre, et quittera ensuite son poste de chef de gouvernement.

Question réglée "pour une génération"

En face, ceux qui ne voulaient pas quitter le giron du Royaume-Uni sont enthousiastes. Une joie qu'on a retrouvée ce matin chez le très flegmatique David Cameron, Premier ministre central comblé. Installé dès 7h du matin devant le 10 Downing Street (qui reste donc le siège de l'exécutif y compris pour l'Écosse), il s'est félicité du choix du peuple écossais, qui a "décidé de maintenir l'intégrité de nos quatre nations".

L'éclatement du Royaume-Uni m'aurait brisé le coeur. Il est temps de se rassembler et d'aller de l'avant. La question de l'indépendance de l'Écosse est réglée pour une génération.

David Cameron a également salué Alex Salmond, son adversaire sur cette question de l'indépendance, se réjouissant par avance de continuer à travailler avec son parti sur de nouvelles mesures d'autonomie.

La décision prise par une majorité des 4,2 millions d'électeurs écossais est également un soulagement au niveau international. Peu de temps après l'annonce des résultats, le président du Parlement européen confiait : "je l'avoue, le résultat me soulage".

Beaucoup craignaient d'une contagion nationaliste dans plusieurs régions d'Europe. À l'inverse, plusieurs régions qui revendiquent toujours leur indépendance, comme la Catalogne, le pays Basque ou la Corse, observaient avec attention (et envie) le référendum écossais.

Plusieurs dirigeants mondiaux avaient pris parti en faveur d'un Royaume toujours Uni. François Hollande avait mis en garde contre "les égoïsmes, les populismes, les séparatismes". Même Barack Obama avait, sur Twitter, appelé au maintien d'un Royaume-Uni "fort, robuste, et uni", un "extraordinaire partenaire pour l'Amérique".

Le monde financier a lui aussi poussé un "ouf" de soulagement après l'annonce des résultats : la Bourse de Londres a ouvert en hausse de 0,75 %, et la livre a atteint son plus haut niveau jamais atteint en deux ans face à l'euro. Il faut dire que la plupart des investisseurs et des grandes entreprises londoniens étaient farouchement opposés à l'indépendance écossaise.

L'Écosse est rattachée à ses voisins du sud depuis l'acte d'Union en 1707, soit de nombreuses générations avant ce référendum. Elle le restera au moins pour une génération de plus.

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