le périple d'edward snowden
le périple d'edward snowden © reuters

Recherché par Washington pour ses révélations sur les programmes d'espionnage des Etats-Unis,Edward Snowden cherche désespérement un pays qui lui accordera l'asile. Pour le moment, il n'a reçu que des réponses négatives.

Coincé depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo à Moscou, où il est arrivé en provenance de Hong Kong, ce jeune homme de 30 ans qui travaillait auparavant à Hawaï se retrouve piégé dans des limbes juridiques.

Les Etats-Unis lui ayant retiré son passeport, il ne dispose pas des documents nécessaires pour s'envoler vers une quelconque destination et il ne possède pas non plus de visa russe lui permettant de quitter l'aéroport.

Dimanche, le fugitif a demandé de l'aide à une vingtaine de pays, en vain. Aujourd'hui, la Pologne, l'Inde, le Brésil et les Pays-Bas ont refusé de l'accueillir. Cinq autres pays, l'Autriche, la Finlande, la Norvège, l'Espagne et l'Italie s'apprête à faire de même. Seule l'Allemagne laisse un espoir au jeune américain, déclarant qu'elle allait "examiner la demande d'asile "en conformité avec la loi".

Le compte-rendu de Luc Lemmonier

La France, citée par WikiLeaks, dit ne pas avoir été officiellement contactée. "Nous n'avons pas encore reçu de demande particulière de M. Snowden", a dit François Hollande.

Le président américain Barack Obama, placé dans une situation embarrassante par les révélations d'Edward Snowden, a clairement mis en garde un certain nombre de pays sur le fait qu'il ne serait pas dans leur intérêt de l'accueillir.

L'Equateur, qui héberge le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, à son ambassade à Londres, semble ne pas vouloir aggraver son cas aux yeux des Etats-Unis avec Edward Snowden.

Cité par The Guardian, le président équatorien Rafael Correa a déclaré que cela avait été "une erreur de notre part" de fournir à l'informaticien les documents lui ayant permis de quitter Hong Kong pour Moscou.

"Avons-nous la responsabilité de l'amener en Equateur? Ce n'est pas logique", poursuit Rafael Correa, selon lequel Edward Snowden est désormais le problème de la Russie.

Si cette dernière n'entend pas extrader l'ancien consultant de la National Security Agency (NSA) vers les Etats-Unis, elle a aussi annoncé mardi qu'Edward Snowden avait retiré sa demande d'asile auprès des autorités russes.

Une "chasse à l'homme", selon Snowden

Vladimir Poutine ne semble pas vouloir détériorer davantage ses relations avec les Etats-Unis en raison d'un personnage comme Edward Snowden pour lequel il n'éprouve guère de sympathie.

Le président russe, ancien espion du KGB, a déclaré lundi que si Edward Snowden désirait rester en Russie, il devait "cesser son travail visant à nuire à notre partenaire américain, aussi étrange que cela puisse sonner dans ma bouche".

Des conditions inacceptables pour le jeune homme. À Moscou, Caroline Larson.

D'après un porte-parole de Vladimir Poutine, l'ancien consultant de la NSA a "renoncé à son intention et à sa demande d'autorisation de rester en Russie" après avoir pris connaissance des déclarations du président russe.

Edward Snowden est sorti lundi du silence qu'il observait depuis son arrivée à Moscou pour se dire en mesure de faire de nouvelles révélations sur les activités d'espionnage des Etats-Unis et dénoncer une "chasse à l'homme" lancée contre lui par l'administration Obama.

Dans un message diffusé par WikiLeaks, responsable de la divulgation de centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains, il accuse l'administration américaine de tout faire pour l'empêcher d'obtenir l'asile quelque part.

"Bien que je ne sois déclaré coupable de rien, (l'administration Obama) a unilatéralement annulé mon passeport, faisant de moi un apatride", écrit-il dans cette note datée du 1er juillet.

"Sans aucune décision de justice, cette administration tente à présent de m'empêcher d'exercer un droit fondamental, un droit qui appartient à tout le monde, le droit de demander asile", poursuit-il.

Edward Snowden pourrait trouver une issue au Venezuela, dont le gouvernement est ouvertement hostile aux Etats-Unis.

"Il mérite la protection du monde", a déclaré le président vénézuélien Nicolas Maduro à Reuters, lors d'un déplacement à Moscou. "Il n'a pas encore demandé la nôtre. Quand il le fera, nous donnerons notre réponse."

Autre issue possible, la Bolivie qui se dit prête à accorder l'asile politique "aux gens qui révèlent des activités d'espionnage".

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