Des milliers d'islamistes se sont rassemblés hier devant le principal bâtiment de l'université. Ils ont dénoncé l'ultimatum adressé par l'armée au président Mohamed Morsi. Les forces de sécurités et les anti-Morsi sont intervenus. Bilan : 16 morts et 200 blessés.

La correspondance au Caire de Vanessa Descouraux

Des témoins ont dit avoir entendu des coups de feu. Ils ont également rapporté que les forces de sécurité étaient intervenues à coups de gaz lacrymogène. Plus tôt dans la soirée, des heurts ont opposé des partisans et des adversaires de Morsi à Gizeh, un quartier du Caire, où sept personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées.

L'armée prête à "verser son sang"

Le Conseil suprême des forces armées égyptiennes (CSFA) se dit pret à verser son sang pour défendre le peuple égyptien contre "les terroristes, les radicaux et les fous" dans un communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi.

Ce texte, intitulé "les dernières heures" et diffusé en réponse au discours du président Mohamed Morsi, émane du chef d'état-major de l'armée égyptienne, le général Abdel Fatal al Sisi, qui a donné jusqu'à mercredi 17h00 aux responsables politiques du pays pour trouver une issue à la crise. Selon le texte :

Nous jurons devant Dieu que nous sacrifierons notre sang pour l'Egypte et son peuple, pour les défendre des terroristes, des radicaux ou des fous.

Le communiqué a été diffusé trois heures après l'allocution télévisée de Mohamed Morsi, qui a réaffirmé sa légitimité et rejeté l'ultimatum des militaires.

Morsi engage un bras de fer

Le président égyptien Mohamed Morsi a défié l'armée dans un discours à la nation tard affirmant que nul n'avait le droit de se substituer à l'ordre légitime et qu'il n'avait d'autre choix que de poursuivre la tâche qui lui a été confiée démocratiquement.

Rappelant qu'il était le premier président librement élu de l'histoire du pays, Morsi, au pouvoir depuis le 30 juin 2012, a estimé que tout écart vis-à-vis de la voie démocratique entraînerait l'Egypte sur une pente dangereuse :

Le prix de la préservation de la légitimité, c'est ma vie. La légitimité est la seule garantie pour préserver notre pays.

Réagissant aux craintes de nouveaux affrontements entre les deux camps, qui inquiètent les Etats-Unis, l'Union européenne et Israël, des sources militaires ont indiqué à Reuters qu'uneforce d'intervention rapide était prête à investir les rues du Caire et des autres grandes villes pour mettre fin aux violences.

La chronologie de la crise égyptienne
La chronologie de la crise égyptienne © Radio France
Lien dossier Egypte
Lien dossier Egypte © Radio France
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