La situation en Egypte
La situation en Egypte © Radio France

Au moins 525 morts -dont 43 policiers- et 2000 blessés après l'opération menée mercredi par la police et destinée à vider les campements de partisans de Mohamed Morsi au Caire. L'état d'urgence a été proclamé pour un mois et un couvre-feu est imposé dans la moitié du pays de 19H00 à 6H00.

Le bilan établi par les Frères musulmans est bien plus lourd. Ils annoncent 2.200 morts et 10.000 blessés.

Le vice-président égyptien, le prix Nobel de la paix Mohamed El Baradei, a annoncé avoir présenté sa démission , après l'intervention sanglante des forces de l'ordre .

Dans sa lettre au président Adly Mansour, il écrit

Il m'est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord.

Les Egyptiens commencent ce matin à revenir dans les rues du Caire après la nuit de couvre-feu décrété pour prévenir de nouvelles violences. Mais le répit pourrait être de courte durée car les Frères musulmans appellent à manifester contre le "massacre" d'hier.

"Nous allons continuer jusqu'à ce que le coup d'Etat militaire soit mis en échec", écrit un des porte-paroles de la confrérie, Gehad El Haddad, sur son compte Twitter.

Les Frères musulmans peuvent récupérer par le sang, la légitimité perdue durant un an de pouvoir

Les Frères musulmans appellent à une nouvelle manifestation cet après-midi au Cair. Avoir été victime d’une telle répression, peut être un atout politique,

L’analyse de Claude Guibal

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Ils vont se venger, ça va être un drame pour notre pays

A la mosquée Imane, également QG des dirigeants des Frères musulmans qui n'ont pas été arrêtés, une centaine de cadavres étaient toujours exposés ce matin dans la morgue improvisée.

Le reportage d'Etienne Monin

Le Premier ministre nommé par l'armée Hazem Beblawi a salué la police pour "sa très grande retenue".

Selon le ministre de l'Intérieur "Les instructions étaient de n'utiliser que les gaz lacrymogènes, pas d'armes à feu. Mais quand les forces de sécurité sont arrivées, elles ont été surprises par des tirs nourris".

Le récit de Perrine Mouterde au Caire

Si beaucoup des opposants à Mohammed Morsi ont du mal à condamner rééllement les événements d'hier, beaucoup de ceux qui sont opposés aux Frères musulmans redoutent le retour de l'état d'urgence. Place Tahrir, hier soir, on craignait la réapparition d'un pouvoir militaire dur.

Reportage d'Etienne Monin place Tharir

Selon le directeur adjoint du Monde diplomatique, Alain Gresh

L'armée voulait se débarrasser des Frères Musulmans.

Du côté des Frères musulmans, le porte-parole du parti des frères musulmans, Tarek El Morsi dénonce l'attitude des froces de l'ordre.

C'est le début de la deuxième révolution.

Le gouvernement égyptien demande maintenant aux partisans de l'ancien président islamiste d'"entendre la voix de la raison"

Dans un communiqué, le gouvernement s'engage à mener à bien la transition politique "de manière à n'exclure la participation d'aucun parti" et demande aux cadres des Frères musulmans de ne pas inciter à la violence.

Le gouvernement tient les dirigeants des Frères musulmans entièrement responsables de toute effusion de sang, et de toutes les émeutes et les violences qui sont en train d'avoir lieu.

Les violences touchent maintenant plusieurs villes egyptiennes

Le gouvernement a annoncé que les trains étaient bloqués pour éviter des manifestations hors du Caire. Par sur que ce soit efficace.

A Alexandrie, deuxième ville du pays, un journaliste a fait état d'échanges de tirs nourris à l'arme automatique.

Neuf personnes au moins ont été tuées mercredi dans la province égyptienne du Fayoum, au suddu Caire, dans des affrontements entre la police et des partisans de Mohamed Morsi.

Des sources au sein des services de sécurité ont fait état d'affrontements également dans les villes d'Al-Minya et Assiout, au sud du Caire.

Quinze personnes au moins ont été tuées mercredi dans la ville égyptienne d'Ismaïlia dans des affrontements entre les forces de police et des partisans du président destitué Mohamed Morsi

Lorsqu'il y a "tension" ce sont souvent les coptes qui en pâtissent

Selon l'agence officielle Mena, des partisans de Mohamed Morsi ont incendié quatre églises coptes hier mercred dans la province d'el-Menia et à Sohag, une ville plus au sud. Dans cette région vit une importante communauté chrétienne.

Les pro Morsi agissaient en représailles aux évenements du Caire.

Les réactions internationales

Les Etats-Unis annulent leurs prochaines manoeuvres militaires avec l'Egypte . C'est la "punition" que Barack Obama a décidé d'imposer au régime militaire coupable du bain de sang de mercredi. Le Président américain, dans une allocution jeudi après-midi, demande la levée de l'état d'urgence et le début d'un processus de réconciliation nationale en Egypte. Barack Obama préviens : que les Etats-Unis ne prendront parti pour aucune formation ou personnalité politiques en Egypte.

François Hollande a convoqué l'ambassadeur d'Egypte en France, à 11h00 ce matin à l'Elysée . Le Président "condamne avec la plus grande fermeté les violences sanglantes intervenues en Egypte et demandé un arrêt immédiat de la répression.

Londres a également convoqué l'ambassadeur d'Egypte. Le chef de la diplomatie britannique William Hague, "profondément inquiet de l'escalade de la violence en Egypte", a condamné l'usage de la force et appelé "les forces de sécurité à agir avec retenue".

Le premier pays à réagir hier a été la Turquie. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan , a dénoncé le "silence" de la communauté internationale et exhorté le Conseil de sécurité des Nations unies et la Ligue arabe à intervenir pour mettre fin au "massacre" en Egypte. La Turquie demande une réunion en urgence du Conseil de sécurité.

Le chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, a fait part de sa "grande préoccupation" . L'Union européenne a invité toutes les parties "à faire preuve de la plus grande retenue".

Le secrétaire général des Nations unies a condamné "dans les termes les plus forts" la violence de l'intervention des forces de sécurité égyptiennes au Caire contre les partisans du président destitué Mohamed Morsi. Ban Ki-moon "regrette que les autorités égyptiennes aient choisi la force pour répondre aux manifestations en cours".

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