l’armée égyptienne se déploie en prévision du “vendredi de la colère”
l’armée égyptienne se déploie en prévision du “vendredi de la colère” © reuters

Les Frères sont dans les rues, deux jours après un assaut sanglant des forces de l'ordre contre les rassemblements islamistes. A la sortie des mosquées, les Frères musulmans appellent à un "vendredi du rejet".

Les affrontements ont déjà fait près de 50 morts dans la seule ville du Caire.

Des milliers de partisans de Mohamed Morsi marchent vers le centre du Caire, en scandant "À bas le régime militaire !".

La Coalition islamiste, à laquelle appartiennent les Frères musulmans, a appelé à un "vendredi de rejet" deux jours après la destitution du chef de l'Etat par les militaires à la suite de manifestations monstres de l'opposition.

L'armée égyptienne s'est déployée aux points névralgiques du Caire.

Les libéraux du Front de salut national (FSN) ont également appelé leurs militants à descendre dans la rue pour contrer les rassemblements des pro-islamistes et "protéger la révolution du 30 juin".

Devant la caserne de la Garde républicaine où le président destituéest détenu, les tirs sont incessants. L'Alliance contre le "coup d'Etat", une coalition pro-Morsi, affirme qu'au moins 25 personnes ont été tuées sur la seule place Ramsès, dans le centre du Caire, principal point de rassemblement des manifestants islamistes.

Le point à 19h, Etienne Monin

Les Frères musulmans ont demandé sur leur site internet à leurs militants de se rendre en masse sur place.

Des manifestations ont également rassemblé des milliers de personnes à Alexandrie, Assiout, Suez, El Arich et Ismaïlia. Dans ces trois dernières villes, l'armée a tiré en l'air et fait usage de gaz lacrymogènes pour empêcher les pro-Morsi d'envahir des bâtiments publics.

Le ministère de la Santé a indiqué que quatre personnes avaient péri à Ismaïlia, sur le canal de Suez, et huit autres à Damiette, dans le nord du pays. Dans la province du Fayoum, au sud du Caire, les affrontements ont fait au moins cinq morts et 70 blessés.

Gilles Kepel, spécialiste du monde arabe était l'invité du journal de 13h

Il y a deux précedents, l'Egypte en 1954 et l'Algérie en 1992.

Les Islamistes réprimés

La situation en Egypte
La situation en Egypte © Radio France

L'Union africaine (UA) a suspendu vendredi l'Egypte de toutes les activités de l'organisation, "jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel", a annoncé Admore Kambudzi au nom du Conseil de securité et de paix de l'UA.

Dans les heures qui ont suivi la destitution de Morsi, une vague de répression s'est abattue sur le camp islamiste. Le président déchu a été placé en résidence surveillée. Plusieurs cadres de la confrérie islamiste et de son émanation politique, le Parti liberté et justice (PLJ), ont été arrêtés , ycompris Mohamed Badie, guide suprême des Frères musulmans.

Les chaînes de télévision proches du président déchu, dont Egypt25, la chaîne des Frères, ont été brutalement coupées dès mercredi soir tandis que l'imprimerie nationale a interdit de rotatives le quotidien de la confrérie jeudi et vendredi.

Adli Mansour, président de la Haute Cour constitutionnelle qui a prêté serment jeudi en tant que chef d'Etat par intérim, n'en a pas moins tendu la main aux Frères musulmans :

Les Frères musulmans font partie du peuple et ils sont invités à participer à la construction de la nation dont personne n'est exclu et, s'ils répondent à cette invitation, ils seront les bienvenus.

Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, s'est inquiétée des arrestations de dirigeants des Frères musulmans, tout en ne parlant pas explicitement de coup d'Etat.

Une réunion d'urgence sur l'Egypte ?

Paris, Berlin et Rome souhaitent que les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne se réunissent la semaine prochaine pour discuter en urgence de la situation en Egypte , annonce vendredi l'Elysée.

François Hollande et Angela Merkel estiment dans le même temps que l'Union européenne devrait revoir ses relations avec l'Egypte à la lumière des derniers développements. Le président français et la chancelière allemande, qui se sont entretenus par téléphone, souhaitent que les ministres des Affaires étrangères de l'UE se réunissent la semaine prochaine pour discuter en urgence de la situation en Egypte, a précisé l'Elysée dans un communiqué.

François Hollande s'est également entretenu avec le président du Conseil italien, Enrico Letta, et tous deux se sont accordés sur la nécessité d'une réaction européenne coordonnée au niveau des ministres des Affaires étrangères. A Berlin, la chancellerie précise qu'Angela Merkel "a expliqué que le gouvernement allemand reverrait ses relations avec l'Egypte".

Le président français et la chancelière allemande, précise l'Elysée, ont également appelé "à une cessation immédiate des violences et au retour du dialogue entre Egyptiens" et estiment que "l'Egypte doit retrouver au plus vite le cours de sa vie démocratique".

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