les frères musulmans appellent au soulèvement en égypte
les frères musulmans appellent au soulèvement en égypte © reuters

Au moins 51 personnes ont été tuées et plus de 430 autres blessées lundi au Caire aux abords de la caserne de la Garde républicaine où serait détenu Mohamed Morsi. Le nouveau pouvoir et les islamistes se rejettent la responsabilité de cette tuerie.

Les Frères musulmans appellent désormais à un "soulèvement" après ces violences, les plus meurtrières depuis que le président Morsi a été déposé par l'armée mercredi dernier. Selon la confrérie, à laquelle appartient Mohamed Morsi, l'armée a ouvert le feu au moment où les islamistes étaient assis en prières devant la caserne.

L'armée dit de son côté qu'un "groupe terroriste" a tenté de s'introduire à l'intérieur de la caserne et que les soldats n'ont fait que riposter lorsqu'ils ont été attaqués. Ces violences plongent l'Egypte, plus grand pays arabe avec 84 millions d'habitants, dans une situation d'autant plus périlleuse que juste après la tuerie, les Frères musulmans ont appelé au "soulèvement" :

Le PLJ (Parti de la liberté et de la justice, branche politique des Frères musulmans) appelle le grand peuple égyptien a se lever contre ceux qui veulent leur voler la révolution avec des chars et des véhicules blindés, même sur les cadavres du peuple.

La situation au Caire, Vanessa Descouraux

Les nouveaux dirigeants par intérim ont fait part de leurs "vifs regrets" et annoncé la mise sur pied d'une commission d'enquête sur ces événements. Ils demandent dans le même temps aux manifestants de rester à distance de toute installation militaire ou de quelque autre valeur stratégique. Conséquence politique immédiate de la fusillade, les salafistes d'Al Nour, deuxième formation islamiste d'Egypte après les Frères musulmans, ont annoncé leur retrait des négociations sur la composition d'un gouvernement de transition. La présidence a assuré que les efforts pour former un gouvernement se poursuivraient malgré les affrontements. Selon Ahmed Elmoslmany, porte-parole de la présidence :

Ce qui s'est passé ne mettra pas fin aux initiatives pour former un gouvernement ou définir une feuille de route.

L'armée en Egypte
L'armée en Egypte © radio-france

Le chef de file de la gauche, Hamdine Sabah, a estimé que le président par intérim, Adli Mansour, devait doter le pays d'un gouvernement le plus vite possible. Les tractations pour constituer un nouveau cabinet seheurtaient déjà à des difficultés avant même la tuerie de lundi. Al Nour avait récusé les noms de deux personnalités libérales, refusant que le social-démocrate Ziad Bahaa ElDin devienne Premier ministre et que Mohamed ElBaradeï, figure de proue du camp laïque, accède à la vice-présidence.

L'armée ne peut se permettre qu'un vide politique s'installe durablement au moment où le pays s'enfonce dans les troubles et où l'économie est en plein marasme. Les scènes de batailles rangées entre partisans et adversaires de Mohamed Morsi au Caire, à Alexandrie et dans d'autres villes alarment les alliés de l'Egypte, dont les Etats-Unis et l'Europe, mais aussi Israël. La Turquie a condamné les dernières violences, parlant de "massacre". Pour l'Iran chiite, le rôle joué par l'armée égyptienne depuis mercredi est "inacceptable". Des véhicules militaires ont bouclé une vaste zone autour de la mosquée Rabaa Adaouia. L'armée a fermé les ponts sur le Nil, et le calme semblait régner dans l'après-midi dans la majeure partie de la capitale.

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