l'armée égyptienne se déploie autour du site où se trouve mohamed morsi
l'armée égyptienne se déploie autour du site où se trouve mohamed morsi © reuters

Le général Abdel Fatah al Sisi, chef des armées, a annoncé la fin de la présidence de Mohamed Morsi, et la suspension temporaire de la Constitution. Le président de la cour constitutionnelle assurera l'intérim, en attendant une nouvelle élection.

Déjà dans la journée, à quelques heures de la fin de l'ultimatum lancé par l'armée, plusieurs centaines de militaires égyptiens défilaient avec des blindés sur la principale avenue du Caire, près du palais présidentiel.

Mohamed Morsi et des responsables islamistes ont été interdits de quitter le pays, et l'un des conseiller du président dénonçait un "coup d'Etat militaire". se veut lucide sur le déploiement des forces armées dans la rues du Caire et des autres villes d'Egypte.

"Dans l'intérêt de l'Egypte et pour la précision historique, appelons ce qui se passe par son vrai nom : un coup d'Etat militaire", lançait Essam al-Haddad, conseiller pour la sécurité nationale du président Mohamed Morsi.

Mohamed Morsi avait jusqu'à 17h pour accéder aux revendications du peuple. Elles étaient claires : la démission pure et simple du chef de l'Etat.

Mohamed Morsi a joué ses dernières cartes via sa page Facebook. Il appelle à "former un gouvernement de coalition et de consensus afin d'organiser des législatives" tout en rendant l'opposition responsable de la crise actuelle.

L'armée reprend la main

L'armée n'a pas été convaincue par cette annonce. Dans son discours, le général Al Sisi évoque même de premières propositions de négociation avec Mohamed Morsi, dès novembre 2012. Le président égyptien les auraient refusées.

L'Etat major a reçu aujourd'hui les responsables politiques et religieux du pays. Son objectif : discuter de la "feuille de route" qu'il menace d'imposer si le président s'obstine à ignorer le peuple.

Le chef des armées a ainsi rencontré le leader de l'opposition, Mohamed El Baradei, des représentants de la jeunesse et des responsables religieux. Le Parti de la liberté et de la justice, l'aile politique des Frères musulmans a en revanche refusé l'invitation. "Nous avons un président et c'est tout", a déclaré l'un de ses dirigeants.

La "feuille de route" consistait à suspendre la Constitution et à dissoudre la chambre haute du parlement dominée par les islamistes. Elle a donc été mise en branle dès ce soir.

La rue célèbre le départ de Morsi

Sur la place Tahrir, où se rassemblaient depuis plusieurs jours les opposants, comme un clin d'oeil à la précédente révolution, les annonces de l'armée ont été accueillies par des cris de joie et des feux d'artifice.

Il faut dire que depuis le début du mouvement, même face à une opposition farouche des Frères au pouvoir, les opposants n'avaient qu'une adresse au président Morsi : "Dégage !" Comme ils l'avaient demandé à Hosni Moubarak. Le résultat semble ce soit être le même.

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Lien dossier Egypte © Radio France

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