La joie des supporters d'Hosni Moubarak
La joie des supporters d'Hosni Moubarak © REUTERS/Amr Abdallah Dalsh

Un tribunal égyptien a donc jugé samedi que l'ancien président égyptien n'est pas responsable des meurtres de manifestants après la répression de la révolte de 2011. La cour l'a également acquitté des accusations de corruption.

La justice égyptienne a abandonné samedi les charges de complicité de meurtre qui visaient l'ancien président Hosni Moubarak, accusé d'avoir donné ordre de tirer sur les manifestants qui réclamaient son départ en 2011, lors des grands rassemblements qui avaient conduit à la chute du raïs. Plus de 800 personnes avaient alors été tuées durant cette révolte populaire de 2011 qui a duré 18 jours. La brutalité de la répression policière et les abus des forces de sécurité étant l'une des causes de la révolte.

Une preuve de plus, pour les opposants à l'actuel gouvernement, que la justice n'est pas indépendante. En première instance, l'ex-raïs avait été condamné à la prison à vie. Maintenant que l'armée est à nouveau au pouvoir, l'ancien Président est blanchi de toutes les accusations.

Les explications au Caire de François Hume

Sont également blanchis de la même accusation l'ancien ministre de l'Intérieur Habib el Adli et six conseillers.

L'ex-dirigeant égyptien ainsi qu'un ancien ministre du Pétrole sont par ailleurs acquittés des charges de corruption qui les concernaient pour avoir autorisé des exportations de gaz vers Israël qui se seraient faites en dessous des prix du marché.

Le prononcé des différents verdicts a été accueilli par des cris de joie des pro Moubarak présents dans le tribunal installé dans un bâtiment de l'académie militaire. Les deux fils d'Hosni Moubarak, eux aussi accusés de corruption, ont embrassé sur le front l'ancien président, qui s'est contenté pour sa part d'un sourire discret, derrière ses lunettes noires.

Ces deux jugements ne signifient pas pour autant que Moubarak, âgé de 86 ans et incarcéré dans un hôpital militaire du Caire, va retrouver la liberté. Il a été reconnu coupable en mai de détournement de fonds publics et purge actuellement une peine de trois années d'emprisonnement, mais il ne lui restent que 11 mois de détention avant de retrouver la liberté.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.