C’est une audition très observée en Égypte : Hosni Moubarak est attendu à la barre (comme témoin) dans le procès de celui qui lui a succédé à la présidence égyptienne, le frère musulman Mohamed Morsi.

L'ancien président Hosni Moubarak lors de son procès en appel en mai 2015.
L'ancien président Hosni Moubarak lors de son procès en appel en mai 2015. © AFP / MOSTAFA EL-SHEMY / AFP

Hosni Moubarak est attendu ce mercredi dans un tribunal du Caire, en Égypte. Cette fois, ce n’est pas lui l’accusé, il est appelé comme témoin pour donner sa version des faits dans le procès de Mohamed Morsi, l’homme qui a pris sa place au palais présidentiel, après la chute de son régime. 

Les deux anciens présidents reviendront sur des événements qui unissent leur destin à tout jamais. 

En janvier 2011, en plein soulèvement contre Hosni Moubarak, la rue égyptienne prend feu. Mohamed Morsi et d’autres membres des Frères Musulmans s’évadent de prison où le président les avait mis. 

La suite : dix-huit jours de contestation et de répression parfois sanglante, contre le régime autoritaire de Moubarak. Ils aboutissent à son départ, avec une transition assurée par l’armée. Aux termes des premières élections démocratiques organisées dans le plus grand pays arabe, Mohamed Morsi arrive au pouvoir. 

Le président islamiste reste une seule année à la tête du pays, chassé par le retour de l'armée, incarnée par Abdel Fatah El Sissi. Il en est aujourd'hui à son deuxième mandat.  

Un mauvais souvenir pour les Égyptiens

Hosni Moubarak prend d’abord congé dans sa maison clinquante et ultra protégée de Charm el-Cheikh, au bord de la Mer rouge. Donné pour mort plusieurs fois, il est finalement arrêté puis jugé.

Il comparaît allongé sur une civière, avec ses indétrônables lunettes de soleil, mais celui qui est resté presque 30 ans au pouvoir suscite assez peu d’empathie auprès des Égyptiens.

Il est condamné à la prison à vie en juin 2012, tout en échappant à la prison. Il purge l’essentiel de sa peine dans une chambre d’hôpital, spécialement aménagée pour lui.

Un an après, il est mis en liberté conditionnelle. Avant d’être acquitté, dans un tour de passe-passe de la justice égyptienne, puis libéré fin mars 2017.

Depuis, Hosni Moubarak a fêté ses 90 ans au printemps, en paisible retraité. La dernière fois qu’il est apparu c’est à ses dépens, un selfie publié sans son autorisation.

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