Mohammed Badie, le leader des Frères musulmans égyptiens
Mohammed Badie, le leader des Frères musulmans égyptiens © Reuters

Mohamed Badie et 13 autres membres de la confrérie ont été condamnés à la peine capitale pour incitation au chaos et à la violence. C'est la deuxième condamnation à mort pour le chef des Frères musulmans, considérés comme une menace majeure par le pouvoir.

Les condamnés figurent parmi les milliers de personnes qui ont été arrêtées après le renversement par l'armée en juillet 2013 du président islamiste issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi, premier président égyptien démocratiquement élu.

Deux fois condamné à mort

La peine capitale contre Mohamed Badie avait été requise il y a un peu moins d'un mois, une requête transmise pour avis consultatif au grand mufti d'Egypte, comme le veut la loi avant le verdict définitif.

Au total, 51 personnes ont été condamnées samedi, soit à la peine capitale, soit à la réclusion à perpétuité. Les accusés ont notamment été condamnés pour direction et financement d'un groupe interdit, tentative de suppression de la constitution ou encore intention de répandre le chaos, apprend-on de source judiciaire. Les condamnations de samedi peuvent être contestées.

Mohamed Badie a déjà été condamné à mort en avril 2014 ainsi qu'à plusieurs peines de réclusion à perpétuité depuis le renversement président Morsi. L'armée qui a renversé Morsi était alors dirigée par Abdel Fatah al Sissi, devenu depuis président.

Parmi les condamnés, un militant pacifiste égypto-américain

Le tribunal a également condamné à une peine de prison à vie Mohamed Soltan, un homme possédant la double nationalité égyptienne et américaine, pour soutien à la confrérie et diffusion de fausses informations. Mohamed Soltan est le fils du prédicateur des Frères musulmans Salah Soltan, qui figure parmi le groupe de condamnés à mort.

Selon un site internet qui appelle à la libération de Mohamed Soltan, celui-ci n'est pas membre des Frères musulmans. Il y a est décrit comme un militant de la paix ayant étudié aux Etats-Unis et travaillant pour des associations caritatives. Le site publie des photos de lui en prison, très amaigri, couché sur un brancard.

Sissi estime que les Frères sont une menace majeure pour la sécurité. La confrérie rétorque qu'elle milite pacifiquement et qu'elle n'a rien à voir avec la violence islamiste apparue en Egypte après la destitution de Mohamed Morsi.

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