Mohammed Badie, le leader des Frères musulmans égyptiens
Mohammed Badie, le leader des Frères musulmans égyptiens © Reuters

Le procès du guide suprême des Frères musulmans égyptiens, Mohammed Badie, et de 682 membres de la confrérie, s'est ouvert ce mardi matin. Les Etats-unis et l'ONU se disent choqués.

Ce procès intervient au lendemain de la condamnation à mort de 529 membres des Frères musulmans par un tribunal de Minya, décrite par les groupes de défense des droits de l'homme comme la plus grande condamnation de masse de l'histoire de l'Egypte moderne. Les prévenus étaient notamment accusés du meurtre d'un policier.

La justice égyptienne n'a visiblement pas peur du ridicule : pour cette audience, seulement un accusé sur dix est présent. Le récit de Vanessa Descouraux.

Les avocats de la défense ont annoncé qu'ils boycottaient l'audience de mardi en raison d'irrégularités. Seuls 60 des accusés étaient présents. Le verdict sera connu le 28 avril prochain.

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Depuis l'éviction par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet 2013, le gouvernement égyptien a mené une vaste répression contre les Frères musulmans, qualifiés de groupe "terroriste".

En août dernier, le démantèlement des camps des manifestants pro-Morsi au Caire s'était soldé par des centaines de morts.

"Un nombre assez choquant" pour Washington

Les Etats-Unis ont exprimé leur émoi lundi face aux condamnations à mort prononcées par la justice égyptienne contre 529 membres des Frères musulmans.

"Nous allons bien sûr évoquer cette question avec le gouvernement égyptien. Il s'agit d'un nombre assez choquant", a dit Marie Harf, porte-parole du département d'Etat américain.

Que 529 accusés puissent être jugés en deux jours dans le respect des critères internationaux défie la logique.

Pour l'Organisation des Nations unies (ONU), ces peines de mort en masse "violent le droit international".

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