Mohamed Fahmy, l'un des journaliste d'Al Jazeera emprisonnés en Egypte
Mohamed Fahmy, l'un des journaliste d'Al Jazeera emprisonnés en Egypte © REUTERS/Al Youm Al Saabi Newspaper

Un tribunal du Caire a condamné ce lundi trois journalistes de la chaîne qatarie à des peines de sept à dix ans de prison. Ils sont accusés d’avoir soutenu les Frères musulmans du président déchu Mohamed Morsi.

Ils comparaissaient pour avoir interviewé des sympathisants des Frères musulmans, diffusé de « fausses nouvelles en vue de soutenir le mouvement islamiste » et « dégradé l’image de l’Egypte ». L'Egypto-canadien Mohamed Fadel Fahmy, chef du bureau d'Al-Jazeera avant que la chaîne ne soit interdite en Egypte, et l’australien Peter Greste écopent de sept ans de détention. Le journaliste égyptien Baher Mohamed prend trois ans supplémentaires. Ils étaient détenus depuis plus de 5 mois. Onze autres accusés, jugés par contumace (dont une néerlandaise et deux britanniques), ont été condamnés à 10 ans.

Vanessa Descouraux a assisté à l'audience au Caire

Un tollé international

Peter Greste et Mohamed Fadel Fahmy ont été arrêtés le 29 décembre dernier dans une chambre d'hôtel du Caire. Un lieu transformé en bureau après une descente de police dans les locaux d'Al-Jazeera. Les journalistes y travaillaient sans l'accréditation obligatoire pour tous les médias. Les accusés ont régulièrement dénoncé des temps de parole tronqués, un procès "inique" et des preuves "fabriquées". La chef de la diplomatie australienne Julia Bishop s'est déclarée "consternée" par la condamnation.

Le gouvernement australien est choqué par ce verdict. Nous sommes stupéfaits qu'une peine ait été prononcée et consternés par sa sévérité.

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères Frans Timmermans a convoqué l'ambassadeur d'Égypte. Il abordera le sujet ce lundi au Luxembourg avec ses homologues européens. La situation de la liberté de la presse s’est dégradée en Egypte depuis l’arrivée au pouvoir de l’armée. Au moins 65 journalistes ont été arrêtés en moins d’un an.

Répression sanglante

Ce verdict intervient sur fond de violente répression envers les pro-Morsi. Il arrive aussi deux semaines après l'élection à la présidence d'Abdel Fattah al-Sissi, avec 96,9% des suffrages. Ce maréchal à la retraite dirigeait déjà de facto le pays depuis la chute de Mohamed Morsi le 3 juillet dernier.

Toute prise de position en faveur des Frères musulmans, dont était issue la formation politique de l’ancien président, est désormais risquée en Egypte. L’armée et la police ont tué plus de 1.400 manifestants et arrêté plus de 15.000 personnes. Plusieurs centaines d’entre elles ont été condamnées à mort ou à la prison à perpétuité dans des procès expéditifs.

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