Après leur triomphe aux élections législatives (près de 50% des sièges du parlement), les Frères musulmans étendent leur influence sur l'Egypte. Une influence qui inquiète l'un des éditorialistes du journal Al-Hayat, Abdallah Iskander. Dans son édito, intitulé "quel avenir pour l'Egypte ?" , il s'interroge sur la domination de la confrérie sur la vie politique, sociale et culturelle du pays.

Au motif de la préservation de "la pudeur", les ciseaux de la censure version islamiste s'attaquent désormais à des films des années 50-60 qui ont fait la réputation du cinéma égyptien. Un signal de mauvais augure pour l'avenir de l'Egypte, estime Abdallah Iskander qui met en garde contre la mainmise des Frères musulmans sur "l'espace privé et public."

Surtout, l'éditorialiste du Hayat regrette que les Frères musulmans égyptiens n'aient pas accompli, comme leurs homologue tunisiens et syriens, leur aggiornamento idéologique. Les Tunisiens d'El-Nahda n'ont pas instauré la charia mais adopté une constitution civile garantissant le pluralisme. De la même façon, rappelle Al-Hayat, les Frères musulmans syriens se sont engagés à suivre cet exemple et à soutenir une constitution où les droits de toutes les confessions et communautés seraient respectés. Bref, les Frères musulmans égyptiens restent prisonniers de leur passé, conclu Abdallah Iskander.

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