"Le Sinaï, une bombe de la paix à retardement." Le journal saoudien Al-Charq Al-Awsat consacre un article à la détérioration de la situation sécuritaire dans la péninsule, au moment où l'Egypte célèbre le 30ème anniversaire de la fin de l'occupation israélienne. Depuis la révolution et la chute du président Moubarak en 2011, un vide sécuritaire inquiétant s'installe dans le Sinaï : attentats à répétition contre le gazoduc entre l'Egypte et Israël, enlèvements crapuleux de touristes, affrontements armés entre bédouins et forces de l'ordre, etc.

Historiquement, le Sinaï a été marginalisé et négligé par le pouvoir central du Caire qui s'est toujours méfié des tribus bédouines frondeuses. La zone est en plus sillonnée par les routes de la contrebande (armes, drogue, alcool, cigarettes, prostituées, main-d'oeuvre africaine, etc). Certes depuis 30 ans et l'évacuation israélienne (achevée en 1989 avec la restitution de l'enclave de Taba), la région a connu un fort développement touristique avec comme point d'attraction Charm El-Cheikh. Mais la population locale a peu bénéficié de cette manne. "Il n'y a jamais eu de vrai plan de développement pour le Sinaï", note Al-Charq Al-Awsat. Le mécontentement est à donc fleur de peau et s'exprime parfois violemment.

Sur ce terreau en déshérence, il y a maintenant "des groupes jihadistes qui veulent transformer le Sinaï en émirat islamique et ouvrir la frontière avec la bande de Gaza assiégée" , écrit le journal. Ce qui a fait dire récemment au Premier ministre, Benjamin Netanyahou que la péninsule était devenue "une sorte de Far West" . Inquiètude donc du côté des autorités israéliennes qui ont décidé, termine Al-Charq Al-Awsat, "d'accélérer l'édification d'un mur tout le long des 266 km de sa frontière avec l'Egypte."

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