Les Maliens votent ce dimanche pour le premier tour de l'élection présidentielle qui consiste essentiellement en un duel entre le chef de l'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keita, dit "IBK", et Soumaïla Cissé, l'un des anciens ministres des Finances et a priori le seul candidat en mesure de le battre.

Le vote a commencé ce dimanche matin au Mali et se poursuivra jusqu'à 18h heures (20h à Paris)
Le vote a commencé ce dimanche matin au Mali et se poursuivra jusqu'à 18h heures (20h à Paris) © AFP / Michele CATTANI

Plus de huit millions de maliens sont appelés aux urnes ce dimanche matin pour le premier tour des élections présidentielles qui opposent 24 candidats mais surtout le chef de l'État sortant, Ibrahim Boubacar Keita, 71 ans, dit "IBK", et un de ses ex-ministre des Finances, Soumaïla Cissé, 68 ans, a priori le seul candidat en mesure de le battre et soutenu par la société civile et notamment par le célèbre chanteur Salif Keita, très critique vis à vis du président IBK, dont il partage pourtant le nom, issu de la dynastie mandingue fondatrice du grand empire qui régna surtout le Mali à partir du 13e siècle. "Je l'aime beaucoup IBK, c'est mon frère, mais les cinq ans qu'il a faits au pouvoir ont été désastreux. Il faut dire la vérité car, avant d'être Keita, je suis Malien." 

Ibrahim Boubacar Keïta a décidé en effet de se représenter cinq ans après son arrivée au pouvoir. À l’époque, la France venait de ramener la paix dans le pays avec l’opération Serval lancée par François Hollande. 

Aujourd'hui la communauté internationale, présente militairement avec la force française Barkhane, qui a pris le relais de l'opération Serval, et avec les Casques bleus de l'ONU, attend du vainqueur une relance de l'accord de paix signé en 2015 par le camp gouvernemental et l'ex-rébellion à dominante touareg. Car  malgré l'accord de 2015, les violences djihadistes toujours présentes, se sont de plus propagées du nord vers le centre et le sud du pays, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires. 

Une élection sous haute surveillance

En dépit de la mobilisation de plus de 30 000 membres des forces de sécurité, nationales et étrangères, des incidents ont été signalés dans le nord et le centre du pays., mais il est difficile d'en mesurer l'ampleur.

La sécurité est d'ailleurs l'un des principaux enjeux du scrutin avec le niveau de vie des Maliens.

Tous les candidats ont promis d'en finir avec le déclin de leur pays et de lutter contre la pauvreté car, bien que le Mali soit le troisième exportateur d'or d'Afrique et un important producteur de coton, le pays se classait, en 2017, 175e sur 188 pays sur l'indice de développement humain (IDH) établi par les Nations unies.

Le taux de participation devrait être autour des 50 %. Les premiers résultats sont attendus dans les 48 heures, les résultats officiels provisoires le 3 août au plus tard, avant un éventuel second tour le 12 août. 

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