Face aux soubresauts électoraux américains, les moins démocrates des gouvernants mondiaux ont des réactions partagées. Il y a ceux qui ne doutent pas de la victoire de Donald Trump, et qui l'encouragent ; il y a ceux, surtout, qui se risquent à donner des leçons de démocratie.

Des partisans de Donald Trump manifestent devant un centre de dépouillement des votes par correspondance à Detroit, dans le Michigan.
Des partisans de Donald Trump manifestent devant un centre de dépouillement des votes par correspondance à Detroit, dans le Michigan. © AFP / JEFF KOWALSKY

"Quel spectacle !"

"L'un dit que c'est l'élection la plus frauduleuse de l'histoire des États-Unis. Et qui dit cela ? Le président qui est actuellement en poste. Son rival (Joe Biden) dit que Trump a l'intention de truquer l'élection."

"Voilà ce que sont les #ElectionsAméricaines et la démocratie aux États-Unis", conclut l'ayatollah Ali Khamenei sur son compte Twitter.

Une revanche toute symbolique pour le guide suprême après que les États-Unis ont réagi en février dernier à la mise à l'écart de milliers de candidats réformateurs ou modérés aux législatives en Iran. Washington "ne tolérera pas la manipulation des élections pour favoriser l'agenda pernicieux du régime" iranien, avait alors déclaré le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin à quelques jours d'un scrutin qui avait débouché, sans surprise, sur un raz-de-marée conservateur.

"Lacunes évidentes"

"Les lacunes évidentes du système électoral américain sont visibles. (Le système souffre de) la nature archaïque de la législation en question et de l'absence de réglementation sur un certain nombre de points fondamentaux."

La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a dit espérer que "les mécanismes juridiques existants permettront de déterminer le futur chef de l'État en pleine conformité avec la constitution américaine" et que cela permettra d'"éviter des émeutes de masse dans le pays". "Les citoyens américains méritent que leurs votes soient comptés correctement", a conclu la responsable.

Le président russe Vladimir Poutine est au pouvoir sans discontinuer depuis deux décennies. L'empoisonnement de son opposant Alexeï Navalny en août dernier, dénoncé par la communauté internationale, et notamment par la chancelière allemande Angela Merkel – "Le doute n’est plus permis, Navalny a été victime d’une arme destinée à le réduire au silence" – témoigne du rapport très discutable de Poutine aux valeurs démocratiques.

"Pays pauvre"

Pékin, qui entretient une relation complexe avec les États-Unis, s'est refusée à commenter ce qui, pour elle, relève des affaires intérieures américaines. "La Chine n'a pas d'avis sur la question", a déclaré le porte-parole de la diplomatie Wang Wenbin. Mais les médias d'État, eux, ne se sont pas privés de commenter. À commencer par le Global Times, dont un rédacteur en chef, Hu Xinjin, compare les États-Unis à un "pays pauvre" : "Des commerçants protègent leurs magasins avant le scrutin, redoutant des manifestations post-électorales", écrit-il pour décrire une vidéo sur Twitter.

"Ce type de manifestations est d'habitude une complication consécutive à des élections dans les pays pauvres. (…) Les États-Unis se dégradent."

Et la Corée du Nord ? 

C'est pour l'instant au site parodique Le Gorafi que l'on doit la réaction – imaginaire – de Kim Jong-un, demeuré silencieux sur le sujet. "Des dizaines de Nations vous regardent, attentives, car nous sommes tous inspirés des idéaux de liberté démocratiques et de la transparence", ironise le site parodique.

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